Barbara
Ferrari, jeune chercheuse du canton du Tessin (Suisse), est
étudiante en littérature italienne et en science
comparée des religions à l'Université de
Fribourg.
Une première version de cette recherche a été
présentée le 25 mai 2002 dans le cadre du séminaire
"Religion et Internet" de l'Université de Fribourg
(Science comparée des religions).
1.
Introduction
La
rapide ascension d’Internet au cours de ces dernières années[1] a contribué à donner
à cet outil un rôle qui va bien au-delà de la simple communication :
le réseau est devenu un véritable espace d’échange qui relie
le monde entier en créant tout naturellement des liens virtuels
qui s’appliquent à tous les domaines. Chacun peut à sa guise
passer de l’état d’acteur à celui de spectateur, rentrer dans
des discussions, en créer d’autres… Cette interactivité ouvre
la voie à une libéralisation des publications : tout le
monde a sa place sur le web, tout le monde peut dévoiler ses
pensées, ses croyances sur l’ « écran sans
frontières ». En même temps, il devient presque nécessaire
de faire partie du cyberespace si l’on veut faire entendre sa
voix (ou sa voie) : le message Internet devient une
prérogative du message tout court.
Ainsi,
lorsqu’on tape « religion catholique » sur le moteur
de recherche Google[2] , celui-ci nous offre un choix de 9’900 sites. Cette
constatation, pour le moins surprenante, de la massive présence
du message chrétien sur le web, nous incite à nous interroger
sur les motivations de leurs auteurs. Pour ce faire, nous commencerons
par observer les modalités de la communication sur Internet
dans une optique linguistique, bien sûr, mais aussi religieuse,
en vue de déterminer les applications qui en découlent.
Le
champ de recherche sera limité au triangle complémentaire de
l’évangélisation, des paroisses et des mouvements concurrents
ou antagonistes à l’Eglise catholique. Parallèlement, nous nous
pencherons sur certaines pages produites par des milieux évangéliques
en vue d'identifier des stratégies communicatives susceptibles
d'influencer l’ensemble des sites chrétiens.
L’observation
de sites faisant partie de ces catégories suivra une double
approche : le souci d’individuation d’une pseudo-frontière
séparant le sacré du profane s’ajoutera à une analyse graphique
et linguistique de l’hypertexte.