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Analyse

Le Verbe au format html
Aspects de
la communication du message chrétien sur Internet

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3.   Applications virtuelles

Dans un cadre religieux, cette communication objective marquée par l’homogénéisation du langage opère un changement sur le contexte. En effet, la technologie d’Internet permet aux pages chrétiennes d’offrir une image plus dynamique que celle que l’on a l’habitude de voir sur papier. L’hypertexte, nous l’avons dit, amoindrit considérablement les frontières, et plus particulièrement celles qui séparent le sacré du profane : ainsi, le langage informatique remplace bien souvent le langage religieux, tout en gardant un contexte catholique. En d’autres termes, le code ne correspond pas toujours au contexte, c’est pourquoi le destinataire qui, rappelons-le, ne connaît pas toujours le destinateur, peut difficilement faire agir sa fonction conative.

3.1.  L’exemple de l’évangélisation online

Cette situation est bien sûr propice au foisonnement de sites relatif à une nouvelle spiritualité, mais les nouveaux mouvements religieux ne sont pas les seuls à utiliser le cyberespace et ses nombreuses possibilités linguistiques et graphiques pour attirer des internautes en quête de spiritualités. À travers quelques exemples de pages évangéliques, nous allons pouvoir observer certaines facettes de la communication religieuse moderne dont le dynamisme peut stimuler aussi les sites catholiques.

Le site évangélique américain gospelcom.net a élaboré un guide pour le online evangelism [18], où l’on retrouve toutes sortes de conseils pour annoncer efficacement la parole sur le net. Ces pages sont surprenantes de par la stratégie de base qui les caractérise :

« 99% [of the Christian websites] have been written with only a Christian in mind. Of course, some non-Christian will visit them too. […] But most will not. […] So we often find that we are only touching the people who may have a Christian background or interest. We reach the ‘once-churched’, but we do not touch the ‘never-churched’. »[19]

Le message religieux s’adresse clairement à un destinataire non-religieux ; pour reprendre les termes d’Eliade, l’internaute est amené vers un espace sacré, qui utilise toutefois un langage qui relève du profane. Il est donc normal que le site insiste sur l’importance d’éviter l’utilisation d’un jargon chrétien[20]: l’homogénéisation de la langue et l’abolition de termes techniques permettent de toucher un public plus vaste. Ainsi, gospel.com offre un lien vers la page Unlearning the lingo du site onmission.com[21], qui explique :

« Many of the words we use to share our faith may be meaningless, too churchy or clichéd to the people we are attempting to reach. »[22]

Il propose ensuite une liste de possibilités de substitution qui permettent de remplacer certains mots jugés « too churchy » tels que preach, qui devient talk about, ou encore confess, qui devient admit[23].

En poursuivant la lecture du guide de gospelcom.net, on s’aperçoit rapidement que le code n’est pas le seul élément qui nécessite des adaptations pour l’évangélisation online. Le contexte doit lui aussi répondre à certaines exigences du destinataire, dont les intérêts sont souvent peu liés à la religion. Pour cette raison, le guide conseille de transporter le message religieux dans un contexte qui, à priori, fait partie de ce que nous avons appelé « l’espace profane ». Un bon exemple, qui est d’ailleurs cité dans le site, nous est illustré par hollywoodjesus.com[24], où les cinéphiles peuvent se délecter avec les bandes annonce des derniers films parus, tandis que les plus curieux pourront découvrir l’allégorie de la vie du Christ qui se cache derrière le film Superman[25].

Il est intéressant de remarquer que ce genre de sites utilisent habilement les ressources offertes par Internet : le graphisme  des pages est souvent très créatif et jeune, tandis que les nombreux liens donnent cette liberté de mouvement tant appréciée par les internautes. À ce propos, la variante française du guide d’évangélisation online conseille fortement de miser sur le grand avantage que les « links » représentent. Dans le chapitre intitulé Comment attirer du monde sur votre site ?[26], l’auteur écrit :

« Je ne crois pas qu’il y ait un sujet sur lequel vous ne pourriez pas écrire une petite page web et au travers de laquelle vous pourriez mettre en avant certaines parties de l’évangile. C’est la clé principale pour utiliser Internet pour l’évangélisation. Elle est sous-exploitée ! »[27]

« Ce type de pages ne demande pas de lien depuis votre index principal, ils sont là uniquement pour attirer du monde ! »[28]

Paradoxalement, la création d’un lien représentant un pont qui relie le (site) profane au (site) sacré nécessite la création de nouvelles frontières pour ne pas mélanger ce qui est destiné aux chrétiens et ce qui veut attirer les non-chrétiens :

« Si un site est destiné à des chrétiens pour leur parler de votre ministère, mission ou église, c’est bien. Mais si vous voulez évangéliser, gardez séparément ce site. […] Si les non-chrétiens trouvent facilement vos pages qui parlent aux chrétiens ‘d’atteindre les gens qui ne sont pas sauvés’ ou ‘d’évangélisation’. Cela pourrait plutôt ‘vendre la mèche’, les offenser ou les inciter à quitter votre site. »[29]

Il est intéressant de remarquer que la stratégie de communication de ce genre de sites correspond tout à  fait aux préceptes de l’ancienne rhétorique[30]: ainsi, le modus scribendi des évangélisateurs d’Internet met en avant une preuve logique, donnée par l’art de convaincre et liée au langage, une preuve pathétique, c’est à dire un appel aux sentiments de l’internaute à travers des témoignages, et enfin une preuve éthique, qui découle de l’autorité religieuse directe de l’Evangile ou indirecte du curateur du site.

À côté de ce procédé séculaire, nous retrouvons le rôle de l’iconographie, qui assume un importance considérable dans l’ « art de convaincre ». Dans le monde en mouvement qu’est celui d’Internet, le langage des images devient une ressource fondamentale pour attirer l’internaute : l’hypertexte, nous l’avons vu, a créé son propre langage simple et rapide, qui laisse en plus une grande place au graphisme. Contrairement à la page écrite, le site permet à son visiteur de se faire une idée (ou du moins une impression) rapide du contenu de la page, c’est pourquoi un graphisme « accrocheur » devient déterminant. Ce procédé s’adresse bien souvent aux jeunes, qui semblent être les cibles d’une sorte d’imagerie publicitaire dans le domaine religieux : les pages qui leurs sont adressées font preuve d’une imagination débordante de technologie, qui ne va pas sans rappeler les mouvements « techno » ou « rap » qui sont en vogue aujourd’hui.

Je ne citerai qu’un exemple, qui me semble très parlant : il s’agit du très beau site autrichien fischweb.at[31], destiné à la « christlische Jugend ». En arrivant sur la page d’accueil, on a l’impression de pénétrer dans le milieu nocturne des « raves » ou autres manifestations liées à l’ère techno ; le langage mi-allemand mi-anglais et le graphisme de style graffiti confirment d’ailleurs cette sensation, tout en nous offrant le programme de la get-connected praise night ou de la christmas-rock night [32]. Il n’y a pas de doute, cette page est un exemple parfait de l’abolition des frontières entre le sacré et le profane, qui passe obligatoirement par une homogénéisation de la langue et par une approche iconographique moderne.

Le site français levangelisation.com[33], qui se veut « une ressource pour l"évangélisation dans la francophonie », offre une variante intéressante au guide de gospelcom.net, puisqu’il associe les conseils pour atteindre les gens dans la rue comme sur le net. Dans les deux cas, sa stratégie se base sur l’interactivité et sur le dynamisme. En effet, si de nombreux outils sont proposés pour « gagner son quartier » à travers notamment des sketches et des slogans[34], la présence sur le web est aussi ressentie comme une nécessité. Ainsi, l’évangélisateur est invité à se servir des moyens à disposition, qui permettent de donner au message chrétien un habit plein de créativité. Encore une fois, cette technique mise beaucoup sur l’impact de l’image, c’est pourquoi levangelisation.com a crée toute une série de cartes postales virtuelles[35] à l’intérieur desquelles le destinataire devient le sujet d’une « discussion théologique » avec la carte elle-même[36]. Cependant, dans ce cas l’interaction n’est que superficielle, puisque les réponses données par la missive sont invariables... Quoi qu’il en soit, ces cartes ont tout de même un effet « percutant », à travers le mélange graphique et sonore efficace qui apparaît à l’écran dès leur ouverture.

3.2.  Entre virtualité et réalité

Les sites relatifs à l’évangélisation ont mis l’accent sur l’importance d’attirer le plus grand nombres de personnes en se servant des ressources que le web offre aujourd’hui à leur mission. Ainsi, de nombreux sites, tels que thekristo.com[37], ont été crées dans un but visuel plus que contextuel pour instaurer une approche plus dynamique et moderne du message religieux. À ce propos, le Pape affirme :

« Internet può offrire magnifiche opportunità di evangelizzazione […]. Soprattutto, offrendo informazioni e suscitando interesse, esso rende possibile un primo incontro con il messaggio cristiano, in particolare ai giovani che sempre più ricorrono al ciberspazio quale finestra sul mondo. »[38]

Ce cyberesapace, terrain privilégié pour la rencontre de jeunes en quête de croyances, ne peut cependant pas remplacer  le monde réel dans lequel se situe l’Eglise[39]. Nous remarquerons que, s’il est relativement facile de faire passer un message chrétien sur le net, il est toutefois plus difficile de transformer cette spiritualité virtuelle en une foi concrète. En effet, Internet évolue dans le monde de l’anonymat et  de la rapidité, deux composantes qui s’accordent mal avec la vie réelle d’une communauté religieuse. L’émergence de certains sites tels que portstnicolas[40] ou les paroisses de Treillères et Grandchamp[41] illustre bien la volonté de réunir le fossé qui sépare le virtuel du réel. Dans les deux cas, pourtant, il s’agit plutôt d’intégrer des éléments concrets dans le cyberespace, et non le contraire : si le Port Saint Nicolas utilise une métaphore de la navigation en construisant un espace religieux de type « portuaire », les paroisses de Treillères et Granchamp assimilent quant à elles les internautes en visite à des voyageurs s’arrêtant à une halte spirituelle avant de continuer la route vers d’autre sites. La religion s’adapte, encore une fois, à la technologie : c’est ce que nous démontre aussi la page de Treillères et Granchamp dédiée à L’Internet dans l’Evangile [42], où sont cités les passages de l’Evangile qui traitent du « filet » (c’est à dire le net en français).

Certes, ces sites peuvent être considérés avec humour ; cependant, ils soulignent un point fondamental : si la religion chrétienne n’a eu aucun mal à s’adapter au cyberespace et à se donner une image plus créative que celle qu’on lui prêtait auparavant, elle se trouve maintenant face à la difficulté de concrétiser son message en conduisant de nouvelles personnes vers des communautés bien réelles.

Alors, Internet offre-t-il vraiment de grandes possibilités d’évangélisation ? Le web est un grand marché des croyances où l’offre dépasse largement la demande ; la religion chrétienne, malgré le grand nombre de sites qu’elle compte, n’est qu’un « produit » parmi d’autres. Il peut paraître choquant de parler en ces termes d’une religion, mais les faits sont là : les stratégies d’évangélisation conseillées par les guides d’évangélisation online correspondent tout à fait à celles utilisées par d’autres sites qui ne font pas partie du domaine sacré mais qui ont tout de même quelque chose à offrir. Les conseils linguistiques dont nous avons parlé plus haut correspondent  aux nouvelles coutumes communicatives d’Internet et sont utilisés par tout types de sites : le « web writing » est devenu un langage universel, que tout site se doit d’utiliser s’il veut faire passer un quelconque message[43].

3.3.  L’exemple des sites paroissiaux

L’utilisation de la technologie Internet dans le domaine chrétien semble subir une évolution à deux vitesses. Les sites évangéliques, nous l’avons vu, s’adaptent à la culture environnante pour attirer les internautes dans leur net (ou dans leurs filets), mais la grande toile accueille aussi des sites dont l’intention est bien plus informative que divulgatrice. Bien sûr, gospelcom.net offre ses conseils aussi dans le domaine paroissial, en précisant :

« There must be no sense that ‘this site is a private noticeboard just for church members’. There can be fun, humor, self-deprecation and informality. »[44]

Ceci pour la théorie ; en ce qui concerne la pratique, la plupart des sites paroissiaux qui sont répertoriés par les moteurs de recherche catholiques semblent préférer rester dans le domaine du traditionnel[45].

Prenons l’exemple du site de la paroisse Saint-Pierre, à Fribourg[46] : en arrivant sur la page principale, l’internaute se trouve face à un graphisme dynamique, mais qui reste tout de même très « conventionnel », tout comme les pages suivantes, qui sont pour la plus grande partie destinées à l’information des paroissiens. Etienne Pillonnel[47], l’assistant pastoral qui s’est occupé de la création de stpierre.ch en collaboration avec un jeune de la paroisse, explique que les choix graphiques du site répondent à une volonté de donner une image nouvelle et jeune de la paroisse. Le résultat paraît confirmer cette intention, puisque les couleurs claires et les nombreuses photos qui côtoient les informations générales donnent aux pages une image accueillante et attrayante.

Cependant, cela ne semble pas suffire : « il y a beaucoup de personnes âgées ou de gens qui n’utilisent pas Internet et qui préfèrent donc avoir l’information sur papier, c’est pourquoi la communication marche mal. ». Face à cette réalité, Etienne Pillonnel et son jeune collaborateur ont préféré utiliser le site pour transmettre des information qu’il n’est pas possible de trouver sur papier, comme par exemple les homélies du dimanche. La possibilité de créer un forum de discussion a aussi été envisagée, mais l’assistant pastoral étant obligé de constater qu’  « il n’y a pas de retour, ce qui fait qu’on ne ressent pas l’urgence d’une telle démarche », le projet n’a pas abouti.

Le problème qui se pose semble être l’intérêt des internautes. Les stratégies d’évangélisation observées plus haut nous ont démontré l’importance du contexte. En effet, le jeune utilisateur d’Internet ne part pas forcément à la recherche de sites à caractère religieux : la modernisation de l’image de la paroisse, ou de l’Eglise en général, ne suffit pas à attirer des visiteurs. Ainsi, souvent les sites paroissiaux se limitent-ils à une fonction de bulletin online, où le grand atout de l’interactivité est forcément mis de côté.

3.4.  L’information en évolution

Malgré les difficultés de communication auxquelles ils doivent faire face, les sites paroissiaux transmettent eux aussi les information en « langage Internet » et développent ainsi des pages claires et rapides à lire, qui présentent souvent de nombreux liens vers d’autres pages. Stpierre.ch n’échappe bien entendu pas à cette tendance qui privilégie l’image au texte, la liberté de mouvement à la sédentarité de la page imprimée. Les informations du bulletin paroissial trouvent donc une chorographie propre, tout en suivant l’air du temps Internet.

Cette évolution n’est pourtant qu’une phase d’un devenir continuel qui suit les modalités de la communication. En effet, le passage du texte à l’hypertexte a été précédé de changements graphiques et linguistiques à l’intérieur même des bulletins sur papier; au fil des années, ils ont subi des modifications visant à amoindrir la densité du texte et à rendre leur aspect visuel moins statique. Il est donc normal que cette transformation progressive culmine dans l’actualité du site Internet, où le dynamisme est bien entendu plus facile à adopter.

Cette évolution confirme la nécessité d’une information à la fois utile à lire et agréable à regarder : il s’agit d’une sorte de loi du marché, dictée, entre autres, par la publicité, à laquelle les site catholiques ne se soustraient pas.

[19] Ibid.; trad.: “99% [des sites chrétiens] ont été écrits uniquement avec l’idée d’un visiteur chrétien en tête. Bien entendu, certains non-chrétiens vont aussi les visiter. […] Mais beaucoup ne les visiteront pas […]. Ainsi, souvent nous nous rendons compte que nous sommes en train de toucher seulement des gens qui ont un intérêt ou un passé chrétiens. Nous atteignons les “once-churched” mais nous ne touchons jamais les “never–churched”.

[20] « We therefore need to avoid Christian jargon », ibid.

[22] Ibid.; trad.: “Certains mots que nous utilisons pour partager notre foi peuvent être dénués de sens, être trop liés au langage ecclésiastique ou à des clichés pour les gens que nous essayons d’atteindre.

[23] Ibid.

[27] Ibid.

[28] Ibid.

[30] D., Benoit. (dir.), Introduction aux Sciences de l’Information et de la Communication, p. 81

[32] Ibid.

[36] Cf. par exemple la carte Pourquoi l"injustice ? In : http://www.levangelisation.com/cartes/postcards/158962428569.htm

[38] Una chat per gli apostoli”, article In: Giornale del Popolo, 11.5.2002, p.31. Trad.: « Internet peut offrir de magnifiques opportunités d’évangélisation […]. Surtout, en offrant des informations et en créant un intérêt, il rend possible une première rencontre avec le message chrétien, en particulier aux jeunes qui ont toujours plus recours au cyberespace en tant que fenêtre sur le monde. »

[39] « È importante, quindi, che la comunità cristiana escogiti modi molto pratici per aiutare coloro che entrano in contatto per la prima volta attraverso Internet, a passare dal mondo virtuale del cyberspazio al mondo virtuale della comunità cristiana. », ibid. Trad.: « Il est donc important que la communauté chrétienne trouve des moyens très pratiques pour aider ceux qui rentrent en contact pour la première fois à travers Internet, à passer du monde virtuel du cyberespace au monde réel de la communauté chrétienne ».

[43] Cf. les règles du Web writing in : http://inews.tecnet.it/show.asp?f=articoli/2002/04/IN0204_WebWriting.htm [ce lien ne fonctionnait plus en décembre 2002] ou encore la grammaire Internet In: http://www.ucl.ac.uk/internet-grammar/

[44] http://www.gospelcom.net/guide/mypage/church-pages.php. Trad. : « Il n’y a aucun sens à ce que ‘ce site soit un carnet de notes privé, uniquement destiné aux membres de l’église’. Il peut il y avoir du divertissement, de l’humour, de l’auto-dépréciation et de l’informalité. »

[45] Cf. par exemple les 149 sites répertoriés in
http://www.catholiens.org/Classements.asp?RefC=36

[47] Les propos d’Etienne Pillonnel ont été recueillis lors d’une entrevue le 17.04.2002


1. Introduction

2. Le message Internet

3. Applications virtuelles

4. Modus vivendi et modus scribendi

5. Aux frontières du sacré

6. Conclusion


© 2002 Barbara Ferrari

Ce texte ne peut être reproduit qu'avec l'autorisation de l'auteur.



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