Religioscope
- 17 mars 2002
Depuis
les résultats controversés du premier tour des
élections présidentielles de décembre
2001, l'épreuve de force entre le président
sortant Didier Ratsiraka et le chef de l'opposition, Marc
Ravalomanana, a retenu l'attention des médias internationaux.
Un aspect inhabituel est le rôle manifeste joué
par les Eglises chrétiennes aux côtés
de Marc Ravalomanana. Pour en savoir plus, Religioscope a
interrogé Cyril Dépraz, journaliste à la Radio Suisse
Romande, producteur de l'émission Hautes
Fréquences (dimanche 20h00 - 21h00 sur RSR
La Première). Employé du Service protestant de radio,
il travaille aussi comme indépendant. Il rentre d'un bref
séjour à Madagascar, un pays dans lequel il a formé en 1998
des journalistes malgaches, et nous éclaire ici sur
l'action des Eglises dans l'île.
Il
est également possible d'écouter sur Internet
les deux reportages radiophoniques de Cyril Dépraz:
http://www.rsr.ch/view.asp?DomID=182&ClickedDate=3/10/2002#Dimanche
http://www.rsr.ch/view.asp?DomID=38&ClickedDate=3/4/2002#Lundi
Religioscope
- Vous revenez de Madagascar, où vous avez vu des défilés
quotidiens de manifestants accompagnés de chorales religieuses,
des discours de Marc Ravalomanana précédés d'un culte. Et
ce sont, aux côtés d'autres organisations, des observateurs
de la FFKM, c'est-à-dire le Conseil national des Eglises
chrétiennes de Madagascar, qui ont annoncé que Ravalomanana
avait bel et bien remporté la victoire aux élections présidentielles
de décembre, malgré un comptage officiel qui aboutissait
à un second tour. Peut-on parler d'une révolution religieuse
à Madagascar?
Cyril
Dépraz
- Non. Il s'agit avant tout d'une révolution populaire. La
grève est générale. Les participants au défilé sont d'abord
des syndicats, des écoles, des groupements de fonctionnaire,
etc. Même si les Eglises sont engagées dans ce processus,
même si des manifestations religieuses ont lieu, le sentiment
qui domine est celui du ras-le-bol d'une population qui ne
veut plus de l'ancien Président Didier Ratsiraka, de sa gestion
catastrophique du pays, de ses magouilles. Ratsiraka est devenu
le symbole (mais avec près de 25 ans de pouvoir, comment ne
pas devenir symbole!) de ce qui écrase le pays: la misère
et la corruption.
Phénomène
populaire donc, avec les signes caractéristiques des mouvements
de foule: euphorie et fête, mais aussi rumeurs, extrême tension,
voire même paranoïa. J'ai par exemple été très impressionné
le jour suivant l'investiture de Marc Ravalomanana, lorsque
des dizaines de milliers de personnes se sont ruées – à pied
et un sifflet dans la bouche - vers la résidence de leur nouveau
Président pour le protéger. Toute une population en marche,
sur ordre de la radio Mada (radio privée qui appartient à
Marc Ravalomanana), qui annonçait la présence de camions de
"commandos" pro-Ratsiraka venus déloger le nouveau
Président. Cela dit, c'est vrai que cette radio (laïque) diffusait
aussi des cantiques en alternance avec des informations sur
la situation.
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Religioscope
- Cela fait des années que des spécialistes du christianisme
en Afrique soulignent que les Eglises offrent dans beaucoup
de pays la seule structure qui fonctionne encore et qui
peut apporter un soutien efficace à la population. Selon
vos observations sur place, cela semble bien être l'une
des clés pour comprendre le rôle joué par les Eglises dans
les événements récents.
Cyril
Dépraz
- Absolument. Grâce notamment à des fonds provenant de leurs
réseaux internationaux, les Eglises sont omniprésentes dans
les domaines de la santé, de l'éducation, du développement
et de l'aide d'urgence. Des domaines largement abandonnés
par l'Etat. Rappelons que, même s'ils paient des impôts, les
Malgaches ne bénéficient d'aucune sécurité sociale! C'est
d'ailleurs à cause de cette déliquescence de l'Etat et de
relations toujours plus tendues avec Didier Ratsiraka, que
les Eglises ont créé, dans les années 80, la FFKM, le Conseil
national des Eglises chrétiennes, qui regroupe les Eglises
réformée, catholique-romaine, anglicane et luthérienne et
qui représente une force très importante, y compris dans le
domaine politique.
Voilà
pour ce qui concerne les institutions. Mais ce qui m'a frappé
aussi, c'est que les Eglises, outre la reconnaissance qu'elles
suscitent au sein de la population, ont une véritable stratégie
de formation et d'encadrement religieux ou spirituel. Dans
la paroisse d'Ambatomena, la pasteure de rue Helivao accueille
trois fois par semaine les gens de la rue (il y a en a 8.000
à Tana). Des repas y sont offerts. Mais il y a aussi un culte,
des prières, les personnes rassemblées chantent des cantiques.
Et tout ceci ne se passe pas à l'extérieur, "sur le parvis",
mais bien à l'intérieur de l'église. De la part de pasteurs
comme Helivao, il s'agit plus de prêcher l'Evangile en actes
et en paroles que de profiter de la misère pour endoctriner.
Mais l'effet est quand même là. Les gens de la rue sont intégrés
dans l'Eglise. Et les cantiques qu'ils ont appris sur les
bancs des églises en attendant le repas, ils sont prêts ensuite
à les chanter dans la rue, lors des manifestations.
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Religioscope
- Quand on entend votre reportage, l'auditeur hésite un
peu entre différentes grilles d'interprétation. D'une part,
les comparaisons entre la situation malgache et le peuple
d'Israël délivré de la servitude d'Egypte évoque un peu
des thèmes fréquents dans les courants de la théologie de
la libération. D'autre part, le cas de Ravalomanana rappelle
aussi le succès de certains candidats évangéliques dans
des pays latino-américains. Quelle est la part de ces courants
à Madagascar? Ravalomanana, diacre de l'Eglise réformée,
se situe-t-il dans la mouvance évangélique de celle-ci?
Ou existe-t-il à Madagascar d'actives communautés de base
se réclamant de la théologie de la libération?
Cyril
Dépraz
- Les mouvements pentecôtistes, dits de la «vie abondante»
ou du succès, existent à Madagascar. Ils sont même probablement
en augmentation. Mais ils n'appartiennent pas à la FFKM et
ne jouent qu'un rôle secondaire dans la situation actuelle.
Quant
à Marc Ravalomanana, il est un pur produit de ces élites malgaches
telles que les Eglises sont capables de les former; mais d'ailleurs
au même titre que le Premier ministre de Ratsiraka, qui lui
aussi est un chrétien pratiquant...
Cela
dit, Marc Ravalomanana ne fait pas mystère de ses convictions.
Il prie en public. Il organise même, une fois par mois, un
culte obligatoire pour tous les employés de son entreprise
Tiko - un culte qui d'ailleurs se poursuit par une présentation
des objectifs et des résultats de son entreprise. C'est vrai
aussi que Ravalomanana n'hésite pas à utiliser des versets
bibliques comme slogans, dans son entreprise ou pour son programme
électoral, tels que "tout est possible à celui qui croit"
(Evangile de Marc 9:23).
Faut-il
pour cela le taxer d'évangélique? Il n'y a pas comme en Europe
ce fossé entre des Eglises traditionnelles, institutionnelles,
un peu mornes, soucieuses d'un lien harmonieux avec l'Etat,
et des mouvements évangéliques débarrassés de ces contingences,
militants et "joyeux"! A Madagascar, chaque chrétien
engagé est évangélique dans le sens où, par exemple il accorde
beaucoup de place à la prière. Les églises sont pleines de
jeunes, les chants sont entraînants. Mais en même temps, il
y a très grand respect de l'institution, des figures traditionnelles
comme le pasteur ou le prêtre, des gestes séculaires comme
la communion.
Dans
un entretien qu'il m'a accordé, Marc Ravalomanana confesse
que la foi est le plus important pour lui. Mais pas question
pour lui de faire de Madagascar un Etat chrétien. Pas question
non plus d'appliquer la lettre du texte biblique comme solution
aux problèmes du pays ou comme programme politique. Par contre,
il précise que comme croyant, il a - on lui reconnaît - le
charisme, c'est-à-dire le don, le savoir-faire de sortir son
pays de la misère et de la corruption. C'est vrai dès lors
que le Président Ravalomanana se présente comme «instrument
de Dieu», ce qui n'est pas sans dérive potentielle. Mais là
aussi, les responsables d'Eglises que j'ai rencontrés m'ont
affirmé qu'ils veillaient au grain et que les grandes Eglises
n'hésiteraient pas à s'opposer, le cas échéant, à un président
qu'elles ont par ailleurs aidé à propulser au pouvoir.
Sur
les comparaisons entre le peuple hébreu et le peuple malgache,
qui sort d'Egypte poursuivi par le Pharaon-Ratsiraka et qui
donc ne peut plus faire demi-tour, elles sont plutôt le fait
des prédicateurs de la place du 13 Mai. On retrouve là, à
mon avis, une veine baptiste proche de celle de Martin-Luther
King dans son combat pour les droits des Noirs aux Etats-Unis.
Il y a ce même réconfort, ce même sens donné à la détermination.
Précisons aussi que la population de Tana est épuisée par
des semaines de grève et de privations, par des semaines de
manifestations sous le soleil ou les orages, par des semaines
de tension et d'attente d'une réaction - violente? - de Ratsiraka.
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Religioscope
- Le sentiment qui se dégage des reportages sur Madagascar
est celui d'une collaboration harmonieuse entre les quatre
grandes confessions chrétiennes de l'île - les réformés,
les luthériens, les anglicans et les catholiques. Ils participent
aux mêmes cultes, aux mêmes manifestations, pasteurs et
religieuses catholiques tous confondus. Tout cela ne peut
manquer d'avoir des conséquences à long terme sur les relations
entre confessions chrétiennes. Peut-on parler ici simplement
d'une sorte d'œcuménisme du ras-le-bol face au régime de
Didier Ratsiraka, dont les origines marxistes n'étaient
guère pour plaire aux Eglises? Ou cela est-il le fruit d'une
collaboration oecuménique de très longue date? N'y a-t-il
donc pas de tensions et de concurrence?
Cyril
Dépraz - L'œcuménisme du "ras-le-bol"est
sans doute l'explication la plus plausible. Quoique les pro-Ravalomanana
étaient anxieux de la participation catholique. Une anxiété
vite résorbée notamment par l'attitude de l'archevêque de
Tana, le cardinal Armand Gaëtan Razafindratandra, qui a prêché
sur la place du 13 Mai et qui selon des informations que je
n'ai pas pu vérifier, aurait envoyé une lettre aux paroisses
de Madagascar incitant les catholiques à soutenir Ravalomanana.
Cela
dit, l'unité des Eglises dans la crise est aussi le fruit
d'une collaboration oecuménique de 30 ans. Auparavant, et
notamment durant la colonisation (1896-1968), les relations
entre Eglises étaient très tendues, des violences ont eu lieu.
Les missionnaires protestants gallois ont été les premiers
évangélisateurs Madagascar en 1818. Ils ont réussi à s'installer
à Toamasina sur la côte est, puis à Antananarivo. Avant eux,
les missionnaires catholiques avaient essayé à Fort-Dauphin,
mais en vain. Lorsque la colonisation française est arrivée
en 1896, les rivalités entre protestants catholiques se sont
accentuées et il y eut de nombreux sont morts protestants
ou catholiques.
1972,
une date clé. Lors de la première révolution populaire - sur
cette même place du 13 Mai - pour détrôner le premier Président
de la République malgache Philbert Tsiranana, taxé par le
peuple d'être la marionnette de la France, les quatre chefs
d'Eglise (réformée, luthérienne, catholique-romaine et anglicane)
ont joué un rôle d'arbitre, de modérateur entre le pouvoir
en place et le peuple. Madagascar était à l'époque au bord
de la guerre civile et les Eglises ont réussi à éviter un
bain de sang. Du coup, les Eglises jouissent d'un crédit politique
important. Leur autorité, renforcée par la création en 1980
de la FFKM, en a fait des acteurs quasi incontournables dans
les moments de crise du pays: en 1972 donc, mais aussi en
1991 et bien sûr en 2002.
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Religioscope
- Vous avez fait une constatation importante, et potentiellement
cruciale par rapport aux questions qu'on pose souvent aujourd'hui
sur la religion et la violence: le rôle actif et prééminent
des Eglises dans les bouleversements en cours exercerait
un rôle modérateur et contribuerait à limiter les débordements
violents. Pouvez-vous confirmer cette constatation? Après
tout, la retenue des forces armées n'est probablement pas
étrangère non plus à cette situation...
Cyril
Dépraz
- La quasi absence de violence dans les événements actuels
m'a beaucoup impressionné. Elle n'est pas le fait du seul
discours des Eglises – la situation est d'ailleurs tellement
explosive que même influentes, les Eglises n'auraient pas
le pouvoir à elles seules, de calmer toute une population.
Les
explications sont plurielles, pas toujours vérifiables : il
y a le fihavanana, le sacro saint consensus malgache.
On dit aussi que les Merinas, ethnie dominante à Tana et sur
les hauts plateaux, sont "naturellement" pacifistes.
Cela tiendrait - m'ont affirmé des Merinas – à leur taille,
plus petite que celle des Côtiers! Il y a aussi peut-être
la réalité insulaire, qui fait que sur une île, on est obligé
de trouver des solutions pour vivre ensemble. En tous cas,
les Malgaches sont très fiers de cette non-violence. "Nous
ne sommes pas des Africains", m'a-t-on souvent répété
à Tana, "et il n'y a pas de machettes ici."
Il
y a aussi des techniques - conscientes ou non - de non-violence
utilisées par les responsables. Sur la place du 13 Mai, on
oblige les manifestants – en tous cas ceux proches du podium
- à rester assis. Les débordements sont donc plus difficiles.
Je me souviendrai toute ma vie de cette scène terrible: des
manifestants ont capturé des pro-Ratsiraka avec des liasses
de billets de banque en train de soudoyer des agitateurs.
Ces "collabos" ont été amenés de force par des dizaines
de jeunes surexcités - il faisait très chaud, c'était midi
- sur la place du 13 Mai. Cela sentait le lynchage - "un
pneu, deux litres d'essence, trois allumettes", selon
la formule consacrée à Tana pour punir les petits voleurs.
Traînées
donc sur la place du 13 Mai, les "malfaiteurs" ont
ensuite été hissés sur la tribune et montré à la vindicte
populaire. Et là, j'ai entendu le porte-parole de Ravalomanana
présent sur la tribune donner l'ordre – cela a duré dix minutes
- à la foule de s'asseoir et de se taire. Puis affirmer devant
des milliers de manifestants surexcités, qu'il était interdit
de toucher un seul cheveu de ces agitateurs et que leur sort
dépendait maintenant du Premier Ministre de Ravalomanana.
Ce
qu'il faut aussi relever, c'est que, en plus des discours
des responsables religieux, Ravalomanana n'a cessé d'appeler
au calme, à la persévérance, de même qu'il n'a jamais menacé
de poursuivre ses adversaires en justice une fois qu'il aurait
le pouvoir, évitant par là une escalade du pire.
Quant
à l'armée et de la police, elles ont annoncé qu'elles étaient
neutres dans le conflit Ratsiraka-Ravalomanana et qu'elles
n'interviendraient qu'en cas de menace sur la paix civile.
Je ne suis pas sûr que cette attitude soit le seul fait de
la charité chrétienne. Je n'ai pas d'informations précises
à ce sujet, mais au vu des derniers événements, soit la prise
- sans réaction de l'armée pourtant présente - des ministères
par Ravalomanana, je pense que les forces de l'ordre n'ont
pas estimé que Ratsiraka valait le coup d'un bain de sang.
Selon une amie sur place, la grande erreur de Ratsiraka a
été de faire du conflit une question ethnique - Marc Ravalomanana
est un Merina. En stigmatisant l'origine de son adversaire,
il s'est mis à dos beaucoup de ses proches, Merinas eux aussi.
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Religioscope
- Si les statistiques approximatives que fournissent les
ouvrages de référence sont correctes, un peu moins de la
moitié de la population de Madagascar est chrétienne, tandis
que l'autre moitié pratique les religions traditionnelles.
Même si les deux catégories ne sont probablement pas toujours
étanches, cela pose néanmoins la question d'un clivage.
Plusieurs articles ont évoqué des loyautés différentes -
allégeance à Ravalomanana ou à Ratsiraka - selon les ethnies,
et si Ravalomanana contrôle la capitale, son rival semble
jouir encore d'un soutien assez fort dans d'autres régions
du pays. Que dites-vous de ce clivage ethnique, mais aussi
d'un possible clivage religieux: les non chrétiens seraient-ils
dans leur majorité plus réticents à soutenir Ravalomanana?
Comment réagissent-ils face à cette alliance de la politique
et des Eglises?
Cyril
Dépraz –
D'après ce que j'ai vu (mais je ne suis resté qu'à Tana),
l'argument ethnique est le fait du seul Ratsiraka qui cherche
à "monter" les Côtiers, ethnie de Ratsiraka, contre
les Merinas, ethnie de Ravalomanana. Cela dit, c'est vrai
que les Merinas, sous la monarchie, avant la colonisation
française contrôlaient l'île, alors que depuis l'indépendance,
tous les présidents (sauf un assassiné après six jours de
pouvoir) sont des Côtiers. Le conflit ou en tous cas la concurrence
entre ethnies est latent à Madagascar. Les Merinas installés
sur les côtes craignent pour leur sécurité et il n'est pas
impossible qu'à Tana, les Côtiers plutôt pro-Ratsiraka, pourraient,
en cas de violences, être l'objet d'une chasse aux sorcières.
Une
petite visite, un jour, à 30 kilomètres de Tana, dans un village.
C'est en campagne que l'on trouve le plus d'animistes. J'ai
pu observer qu'on y parlait politique, qu'on y trouvait des
pro-Ravalomanana et des pro-Ratsiraka. Cette rencontre aussi
avec un paysan. Sa préoccupation principale restait l'état
de ses champs et la crainte de la famine. Que le Président
s'appelle Ravalomanana ou Ratsiraka n'avait guère d'importance
pour lui.
Donc
je ne crois pas que les fronts soient toujours très clairs
et structurés de la même manière. Et le fait que Ravalomanana
soit un homme de la ville (mais ne vient-il pas d'une famille
paysanne?), qu'il soit chrétien pratiquant (mais n'a-t-il
pas reçu l'appui d'un haut responsable musulman de l'île,
alors même que les musulmans sont de l'ethnie des Karanes,
les Indo-Pakistanais, qui tiennent le commerce et dont on
dit qu'ils sont plutôt pro-Ratsiraka?) et Merina (mais Ratsiraka
n'a-t-il pas parmi ses proches aussi des Merinas?) ne signifie
pas que l'opposition se structurerait autour de marqueurs
identitaires tels que villageois, non chrétien et non Merina.
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