RELIGION ET TERRORISME
LA QUESTION DES ATTENTATS SUICIDES:
TACTIQUE OU THEOLOGIE?
Religioscope
- 14 mai 2002
Une version
plus courte de cet article a été publiée
dans le quotidien suisse La
Liberté du 14.05.2002
Depuis
le 11 septembre, à lire les commentaires de la presse, religion
et violence paraissent former un couple inséparable. La vague
des attentats suicides palestiniens a renforcé ce sentiment,
d'autant plus qu'ils ont, jusqu'à une date récente,
été le fait de militants issus de groupes islamistes.
Mais la réalité n'est pas si simple. Et la légitimité
de cette pratique suscite de vifs débats dans le monde
musulman, même si le drame palestinien complique ces
discussions.
Du
point de vue tactique, l'attentat suicide présente
de nombreux avantages, soulignait en l'an 2000 l'expert israélien
Ehud Sprinzak dans un article
de Foreign Policy, mettant en garde contre une
interprétation mettant trop l'accent sur le caractère
"irrationnel" de ces actes: "C'est une opération
simple et peu coûteuse, pas besoin de prévoir
des itinéraires de fuite. Un grand nombre de victimes
et de gros dégâts sont garantis. Pas de crainte
que les terrorristes soient interrogés et livrent des
informations importantes, puisque leur mort est certaine.
Et un énorme impact sur le public et dans les médias."
Quant à Martha Crenshaw (Wesleyan University, Connecticut),
dans une intervention lors d'un colloque en février
2000 (voir ci-dessous), elle faisait observer
que "les martyrs ont une grande valeur du point de
vue de la propagande" et que, pour ce qui est du
martyr lui-même, "le salut est atteint par le
sacrifice". Le sacrifice de sa vie consenti par le
martyr (puisque c'est ainsi que leurs partisans considèrent
les auteurs d'attentats suicides) "démontre
la légitimité et l'authenticité de la
cause" - sinon, qui serait prêt à donner
sa vie pour celle-ci? Un homme jusqu'alors obscur sait qu'il
deviendra une légende - et un modèle qui en
inspirera d'autres... Ceux qui adhèrent à l'idéologie
prônée par le martyr "s'identifient avec
l'héroïsme et la gloire de l'acte de sacrifice
de soi".
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Le "record" des attentats suicides
appartient aux "Tigres" tamouls
Faut-il être un croyant pour accepter de se transformer en bombe humaine?
Rien ne permet de l'affirmer: le tragique "record"du
plus grand nombre d'attentats-suicides commis au cours des
vingt dernières années n'appartient pas aux islamistes palestiniens,
mais aux "Tigres" tamouls, qui ne sont pas un mouvement
d'inspiration religieuse.
Ils
ont commencé à utiliser cette tactique en 1987. Avec une redoutable
efficacité, puisque Rajiv Gandhi (1991) et un président du
Sri Lanka (1993) comptent parmi leurs victimes. (En fait,
souligne Rohan Gunaratna, expert sur les questions de terrorisme,
dans un article
publié par le magazine indien Frontline, les Tigres
ont pour principe de ne revendiquer, pour des raisons d'image,
que les opérations contres des cibles militaires, raison pour
laquelle les statistiques officielles qu'ils diffusent sont
inférieures au nombre réel d'actions commises.)
Les
Tigres ont systématisé cette stratégie, au point de constituer
des unités spéciales recevant un entraînement de commandos-suicides.
30% environ des auteurs d'attentats commis par les Tigres
sont des femmes: elles peuvent plus facilement dissimuler
le matériel explosif sous leurs vêtements, faisant croire
le cas échéant qu'elles sont enceintes, et elles sont moins
contrôlées. En fait, il semble que les recrues choisies aujourd'hui
pour faire partie du corps d'élite des "Tigres noirs"
(qui se préparent au suicide) soient aujourd'hui en majorité des femmes.
Un
reportage
publié en l'an 2000 par un journaliste de la Far
Eastern Economic Review avait décrit les itinéraires
typiques de quelques jeunes gens se préparant à devenir des
martyrs de la cause tamoule. "C'est le plus grand
sacrifice que je puisse faire, expliquait l'un d'eux. Le seul
moyen par lequel nous puissions obtenir notre territoire nationale
est par les armes. C'est la seule manière de nous faire entendre.
Même si nous mourons." L'auteur de l'article soulignait
qu'il y avait dans cette attitude un mélange de frustration
accumulée et de pression psychologique: personne n'est forcé
de devenir une bombe humaine, mais les jeunes sont sensibles
à la propagande permanente des Tigres, qui exalte les actes
des héros de la cause.
Bien
entendu, les Tigres ne se considèrent pas comme des terroristes
– Bruce Hoffman a d'ailleurs bien souligné la réticence des
organisations terroristes actuelles à se définir comme telles,
à commencer par leurs intitulés (La Mécanique terroriste,
Paris, Calmann-Lévy, 1999, pp. 35-38). Dans sa déclaration
pour le "jour des héros" du 27 novembre 2001 (donc après les événements du 11 septembre), le chef du LTTE
expliquait: "Nous sommes une organisation de libération
nationale. […] Nous ne sommes pas des terroristes. Nous ne
sommes pas dérangés mentalement au point de commettre des
actes aveugles de violence incités par un fanatisme raciste
et religieux. Nous combattons et sacrifions nos vies pour
l'amour d'une noble cause, à savoir la liberté humaine. Nous
sommes des combattants de la liberté."
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Monde
musulman: entre islamisme et nationalisme
Il
est certes vrai que les attentats suicides contemporains ont
débuté à l'initiative de militants islamistes, au Liban en
1983: tout d'abord un attentat contre l'ambassade des Etats-Unis
à Beyrouth en avril (63 morts), puis, quelques mois
plus tard, deux explosions qui détruisirent des baraquements
américains (241 victimes) et français (58 morts). Depuis,
ils ont fait des émules: en Tchétchénie, des attentats suicides
ont été commis depuis l'an 2000.
Du
côté palestinien, c'est en 1993 que la première bombe humaine
a explosé. Remarquons que ces Palestiniens se réclament de
groupes différents: non seulement Hamas et le Jihad islamique,
mais aussi le Fatah, qui se veut séculier. Au mois de janvier,
la première femme à rejoindre les rangs des bombes humaines
palestiniennes ne venait pas des rangs islamistes, mais de
ceux du Fatah.
Le
magazine Time a consacré son numéro du 15 avril 2002 aux attentats suicides
en Palestine et souligne que les auteurs des attentats récents
n'ont pas tous de fermes convictions religieuses. Plusieurs
autres observateurs en témoignent: de plus en plus, l'attentat
suicide devient une arme d'une lutte nationaliste. Certes,
soulignent les journalistes du Time, en élaborant des
justifications de ce type d'attentats, les groupes islamistes
ont contribué à à le rendre populaire. Les "opérations
de martyre" contre les Israéliens sont perçus comme un
acte d'autodéfense nationale; et il est peu probable que les
développements des dernières semaines transforment beaucoup
cette perception.
Aujourd'hui,
il ne manque pas de volontaires. Un journaliste du quotidien
The Scotsman (9 avril 2002) a interrogé une adolescente de 16 ans
qui se propose de commettre bientôt un attentat suicide. Elle
n'avance aucune motivation religieuse, mais développe un discours
nationaliste: "Mon peuple est tué et détruit par les
Israéliens. Ils prennent notre pays et emprisonnent les nôtres.
Je serai heureuse si je peux changer cela. De toute façon,
il n'y a pas d'espoir pour ma vie."
Le
thème du martyr(e) dans la société palestinienne
est déjà antérieur aux attentats suicides
et participe à l'élaboration d'un thème
nationaliste avec un remploi d'un thème hérité de la tradition islamique (le shahid, martyr). Dans
un article publié en 1999 par Tsantsa, revue de la
Société suisse d'ethnologie, l'ethnologue Christine von Kaenel-Monoud
avait relevé que "la symbolique du martyre peut être
comprise à plusieurs niveaux, à la fois sur un mode nationaliste
et laïc, et sur un mode religieux." En effet, "les
martyrs palestiniens sont les héros de la société
palestinienne, qu'elle soit civile ou militaire, dans sa tendance
laïque ou religieuse." Une interprétation n'efface
pas l'autre, soulignait-elle dans cette analyse très
fine: le martyr(e) devenant une source d'inspiration et un
symbole autour duquel la société palestinienne s'unit et accède
à une nouvelle identité nationale. Il s'est transformé en
modèle culturel, appliqué à tous ceux qui sont tombés pour
la lutte de libération national: "tout en étant
une référence, le concept religieux du martyr
a sans cesse été remanié et modelé
par les processus sociaux qui l'ont habillé et l'habillent
encore de différents langages (nationaliste, socialiste,
islamiste...)." Les attentats suicides sont donc
venus se greffer, comme nouvelle variante, sur ce thème
déjà présent du martyr.
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Le
débat islamique sur la légitimité des actions:
opérations de martyre ou attentats suicides?
Bien
entendu, cela n'enlève rien à la réalité de justifications
religieuses de l'attentat suicide, qui représentent
d'ailleurs un élément non négligeable
dans les fondements du discours palestinien autour de ce thème.
Parmi les admirateurs du jihadisme circulent des textes comme
ce dialogue de deux sœurs tchétchènes avant leur départ vers
la mort: "Nous serons au Paradis ensemble après notre
martyre. Nous verrons là les martyrs qui y sont allés avant
nous. Entrer au Paradis n'est pas une tâche facile, il faut
des sacrifices."
Pour
information, nous fournissons en annexe (sous forme de fichier
PDF, 136 Ko) la transcription
en anglais de cet ultime entretien entre les deux soeurs,
extrait d'une vidéo jihadiste intitulée "No
Surrender". Le texte est présenté exactement
sous la forme dans laquelle il circule au sein de milieux
islamistes.
http://www.religioscope.com/pdf/chechen.pdf
Aux
yeux des partisans islamistes de ces actions, en effet, il
ne s'agit pas de suicides – ceux-ci sont condamnés par la
religion – mais d'"opérations de martyre".Dans un passionnant
texte publié par le New Yorker (19 novembre
2001), sous le titre "Un arsenal de croyants", Nasra
Hassan relate ses observations au cours d'une patiente recherche
sur les bombes humaines islamistes palestiniennes. Un survivant
d'une opération ratée raconte ses sentiments alors qu'il se
préparait à devenir un martyr:
"C'est
comme si un mur très haut, impénétrable, vous séparait du
Paradis ou de l'Enfer. Allah a promis l'un ou l'autre à ses
créatures. Alors, en pressant le détonateur, vous pouvez tout
de suite ouvrir la porte du Paradis – c'est la voie la plus
courte vers le Ciel."
Et
d'ajouter que ses compagnons et lui étaient habités par un
état de ferveur permanente dans les jours qui précédaient
le martyre attendu: "Ce furent les jours les plus
heureux de ma vie."
Nasra
Hassan rapporte que ses interlocuteurs décrivaient leurs opérations
comme des "explosions sacrées", et c'est également
l'expression utilisée par l'un d'eux – "nous sommes
fiers de notre arsenal de croyants" – dont elle a
fait le titre de son article. Si l'on y prête bien attention,
la foi religieuse ne fonctionne pourtant pas nécessairement
comme justification: au contraire, toutes les religions connaissent
des prohibitions envers le suicide. Du point de vue de l'islam,
le suicide est un péché, qui peut être passible du châtiment
éternel.
Celui
qui s'ôte la vie pour fuir l'existence commet un péché
grave, dit la tradition musulmane. Mais la règle s'applique-t-elle
à celui qui renonce à la vie pour la sacrifier
au service d'une cause plus grande que lui? Le fait que des
organisations jihadistes publient de longs textes justificatifs,
avec arguments tirés du Coran et d'autres textes, pour expliquer
pourquoi l'auteur d'un attentat doit bien être considéré comme
un martyr, est révélateur d'un problème épineux: ces dernières
années ont lieu de vifs débats entre théologiens musulmans
pour savoir si ces pratiques sont acceptables ou non. Il ne
s'agit pas simplement pour eux d'une question tactique, mais
théologique. Dans les années 1980 déjà,
pour des raisons doctrinales, les théologiens chiites
libanais avaient été très réticents
à approuver les opérations suicides.
Pour
information, nous fournissons en annexe la longue
justification jihadiste du caractère légitime
de l'opération de martyre menée par une Tchétchène
(fichier PDF, 223 Ko).
Les
avis sont très partagés, comme on a l'a vu lors des réactions
qui ont suivi la déclaration au sujet des attentats
suicides par le Grand Mufti d'Arabie saoudite en avril 2001
(donc avant les attentats du 11 septembre: cependant, comme
le faisait alors observer l'expert israélien Reuven
Paz, il est fort probable que le dignitaire religieux
saoudien avait plus à l'esprit Ousama Ben Laden que
les militants palestiniens). En fait, le Mufti s'interrogeait
sur la légitimité de telles actions au regard
de la shari'a et disait craindre qu'ils tombent dans
la catégorie du suicide.
D'autres
autorités religieuses n'hésitent pas à exprimer une condamnation nette et de principe. Ainsi, le
Sheikh Ibn Uthaimeen déclare qu'attacher à son
corps des explosifs et se faire exploser "est un cas
de suicide" et que "quiconque commet
le suicide sera placé éternellement dans le
feu de l'Enfer" (s'il a agi par ignorance en croyant
commettre une bonne action, on espère cependant la
miséricorde divine, mais il est interdit en tout cas
de lui conférer un titre de martyr). En effet, selon
le sheikh, son action n'apporte aucune bénéfice
à l'islam: elle ne conduira pas des gens à accepter
l'islam et ne rendra les ennemis que plus déterminés.
En
outre se pose même pour ceux qui seraient prêts
à admettre des opérations suicides dans certains
cas la question des limites: par exemple, savoir si une action
qui va tuer des civils est légitime, même s'il
s'agit de frapper l'ennemi. Le 13 avril 2002, le Sheikh Tantawi
(Al Azhar) a déclenché une polémique
en déclarant énergiquement que celui qui se
fait sauter parmi les agresseurs israéliens est un
martyr, mais s'est empressé de préciser qu'il
ne justifiait que les attentats contre les troupes israéliennes,
pas ceux contre des femmes et des enfants, mais en introduisant
une distinction supplémentaire lorsque des attentats
frappent des colonies de peuplement israélienne dans
les territoires occupés, où il peut ne pas être
possible de frapper uniquement les militaires (Associated
Press, 14 avril 2002). A entendre toutes ces distinctions,
on perçoit les difficultés face auxquelles se
retrouvent les théologiens musulmans lorsqu'ils entrent
sur ce terrain. Ce qui démontre en même temps
que la justification de l'attentat suicide ne va pas sans
dire.
Certaines
autorités religieuses estiment que la distinction entre
militaires et civils n'est pas pertinente dans le cas des
actions contre Israël. Car le point sensible du débat
est bel et bien la Palestine. Plusieurs érudits musulmans
acceptent les "opérations de martyre" en
Palestine, mais pas dans d'autres contextes.
En
fait, la question palestinienne complique considérablement
la discussion et empêche même des prises de distance
nettes, comme
on a pu encore le constater lors de la réunion des pays membres
de l'Organisation
de la conférence islamique (OIC) à Kuala Lumpur en avril
2002 – en dépit des appels du gouvernement malaisien,
la plupart des pays présents n'avaient pas le sentiment de
pouvoir condamner les Palestiniens et leur appliquer l'étiquette
"terroriste", quelles que soient les méthodes utilisées.
Le point 11 de la "Déclaration
de Kuala Lumpur sur le terrorisme international"
(3 avril 2002) souligne:
"Nous
rejetons toute tentative d'associer les Etats islamiques ou
la résistance palestinienne et libanaise avec le terrorisme,
ce qui constitue un obstacle au combat global contre le terrorisme."
Le
point 3 du plan d'action proposé par la confértence
de l'OIC suggère de développer une définition
internationalement acceptée du terrorisme, "qui
devra être différenciée du combat ou de
la résistance légitime de peuples sous domination
coloniale ou étrangère". La question
de la définition est en effet cruciale.
Le
rôle de la religion comme source de l'attentat suicide est
loin d'être aussi univoque qu'on l'imagine. Quant aux experts
du terrorisme, ils ont d'autres soucis plus immédiats: en
octobre 2000 déjà, un article
de la réputée Jane's Intelligence Review s'inquiétait
de savoir combien de temps il faudrait jusqu'à ce que la tactique
de l'attentat suicide commence à être utilisée également sur
des champs d'opération occidentaux…
Jean-François
Mayer
[TOP]
Pour
en savoir plus
Ehud
Sprinzak, "Rational Fanatics", Foreign Policy,
N° 120, sept.-oct. 2000, pp. 66-73
URL: http://www.foreignpolicy.com/issue_SeptOct_2001/sprinzak.html
Rohan
Gunaratna, "Suicide Terrorism: A Global Threat", Jane's
Intelligence Review, 20 octobre 2000
URL: http://www.janes.com/security/international_security/news/usscole/jir001020_1_n.shtml
Nasra Hassan,
"An Arsenal of Believers", The New Yorker,
19 novembre 2001
URL: http://www.newyorker.com/fact/content/?011119fa_FACT1
Christine
von Kaenel-Mounoud, "Le martyr/e dans la société
palestinienne", Tsantsa. Revue de la Société
suisse d'ethnologie, N° 4, 1999, pp. 75-91.
URL de la revue: http://www.unine.ch/ethno/publ/tsantsa.html
(l'article lui-même n'est pas accessible en ligne)
L'entretien
avec Bruce Hoffman sur religion et terrorisme publié
sur le site Religioscope contenait également quelques
observations sur les attentats suicides.
Voir également
le document "What
is jihad? What is terrorism?" (janvier 2002). Et -
toujours dans notre série de documents autour de ce débat
- un article d'Amir
Taheri, publié dans plusieurs journaux au mois d'avril
2002, esquissant quelques réflexions critiques autour
des attentats suicides.
Countering
Suicide Terrorism: An International Conference,
Herzliya (Israël), International Policy Institute for Counter-Terrorism,
2001 (160 p.) [actes d'une conférence tenue en février
2000 à l'Interdisciplinary Center de Herzliya - articles
de qualité inégale, certains bien informés]
Site de l'ICT (Institute for Counter-Terrorism):
http://www.ict.org.il/
Enfin, sur
les risques de voir se produire des attentats suicides dans
des pays occidentaux, un grand quotidien américain vient
de publier une enquête: David Von Drehle, "U.S. Fears
Use of Belt Bombs: Mideast-Style Suicide Attacks Difficult to
Counter", Washington
Post, 13 mai 2002, p. A01.(Bruce Hoffman y
rappelle qu'un projet d'attentat suicide dans le métro
de New York avait été déjoué en
1997.)