www.religion.info : Religioscope
Search
News.Conferences.Archives.FAQ.Site Map.Mailing List.Contact
English HomeFrançais: Accueil
Conférences.Archives.FAQ.Plan.Liste de Diffusion.Liens.Contact

archives

Analyse

PIE XII, LE RÉVÉLATEUR
Réflexions autour d'une controverse

Retour à l'introduction

I. ProphÈtes et prophÉtismes

Le prophète

La mise en cause de Pie XII peut être résumée simplement: alors qu’il savait que les nazis exterminaient les Juifs, il n’a pas publiquement protesté pour empêcher ce génocide; il a donc failli à son rôle de pape.

Au-delà de la question proprement historique, la notion de prophétisme organise l’accusation. Précisons. Le pape n’a pas eu une attitude prophétique, c’est-à-dire qu’il n’a pas joué son rôle de conscience de l’humanité, de dénonciateur des maux les plus profonds, d’instance de critique décisive. Il n’a pas été un attestateur fidèle du sacré, du fondamental, alors que, par sa relation privilégiée au divin, par sa fonction, il doit juger en son nom les réalités présentes, en dévoiler les dynamiques spirituelles, spécialement celles qui conduisent à la mort, à la souffrance et au mal. Comme le dit Costa-Gavras dans son entretien avec Dan Frank, sur le site internet du film, élargissant de fait le propos à l’Église catholique : "La religion existe à l’intérieur des communautés humaines, non pas pour accéder au pouvoir étatique, mais à un pouvoir moral, éthique. L’Église durant cette période-là, comme dans d’autres, ne fait pas ce travail. Elle pense davantage à sa survie qu’à sa raison d’être. Elle se met dans la position d’un État, doté d’une diplomatie et d’une stratégie politique, et non pas dans celle d’une instance morale supérieure."

Le "prophète" de la polémique n’est cependant pas le "prophète" du judaïsme pré-christique, qui a modelé le prophétisme tel qu’il s’est développé dans l’Occident chrétien. Rappelons l’essentiel. Le prophète adhère profondément au rôle qu’il assume: son rôle est une vocation qui lui donne une mission. Ce rôle peut être reconnu par la société qui l’institutionnalise. Le prophète a alors essentiellement une fonction de prédiction, appuyée sur le culte, et liée au pouvoir: légitimer et orienter l’action. Mais le prophète peut aussi ne pas être institutionnalisé par une relation au culte et au politique. Alors en partie marginal, il suscite une adhésion et une communauté par son simple charisme. Annonçant des malheurs, il n’est pas cru bien qu’il s’appuie sur un enseignement divin explicite garantissant la réitération du passé: l’infidélité à l’engagement pris par la communauté avec le divin conduit au malheur. Ce qui s’est passé autrefois va se reproduire. Le prophète, compris par ceux auxquels il s’adresse puisqu’il s’appuie sur leur passé, les conteste radicalement en se fondant sur l’eschatologie: l’intervention divine imminente confirmera ses propos.

On voit donc la différence entre le contenu de l’"attitude prophétique" et le prophète. Le prophète relève de la marge, sa parole est comprise mais n’a pas d’effets. Un paradoxe se dessine donc: pourquoi demander à Pie XII d’être prophète, alors que le propre du prophète est l’échec? L’important ne serait donc pas de réussir, mais de clamer, de crier, de témoigner à la face du monde? D’échouer mais de parler? Il est possible de le penser, si l’on se réfère à l’interview accordée par Costa-Gavras au journaliste Jean-Yves Riou le 14 février 2002, pour le compte de l’agence de presse Zenit:

[CG] Il faut crier sur les toits et, moi, je le fais derrière les caméras.

[JYR] Et qui a vocation à crier sur les toits, le cinéaste?

[CG] Le cinéaste, aussi. Il peut faire évoluer les choses. En fait, non, le cinéaste ne peut qu’interpeller. Son rôle consiste seulement - et c’est heureux - à poser des questions. Il peut parfois le faire maladroitement ou se tromper. Mais il offre une occasion de débats en posant des questions. C’est le rôle de l’art. Son entente avec la démocratie commence en Grèce.

On peut se demander quelle est l’utilité de la parole et pourquoi donc reprocher à Pie XII de n’avoir pas parlé? Mgr Deniau, évêque de Nevers, pose en partie cette question, lorsqu’il demande: "Face à la puissance du mal, ma protestation prophétique a-t-elle pour but de me dédouaner […] ou ce qui me guide est-il le salut des victimes, le bien des hommes, quoi qu’il en soit de mon image?" (La Croix, 12/03/2002, p. 23).

Mais ce n’est pas cette direction en partie polémique qu’il faut emprunter - d’autant plus que Costa-Gavras, dans son interview par Dan Frank, estime que "Le Vatican est un appareil de pouvoir. Il réagit à la situation comme tous les autres États, sans préoccupation théologique et encore moins éthique". Il faut en effet comprendre pourquoi a pu s’imposer socialement cette idée que l’important est la parole publique sans que compte son efficacité. Ou plus précisément, pourquoi se maintient donc l’idée d’une parole perfomatrice (qui réalise ce qu’elle dit), ou au moins potentiellement agissante, alors que toute l’expérience contemporaine témoigne d’une inefficacité radicale de la parole éthique dans le domaine politique?

[TOP]

Les prophètes catholiques

L’analyse peut être poursuivie en essayant de comprendre l’apparition d’une telle conception du prophétisme. Partons d’abord du catholicisme.

Dans l’histoire du catholicisme contemporain, Jean XXIII est présenté comme le pape de la rupture avec la conception d’une Église radicalement hostile aux impératifs de la conscience moderne. Si ce jugement peut ne pas rendre compte de la réalité, il rend au moins compte d’une perception collective, et c’est elle qui nous intéresse ici. Elle pointe en effet sur un élément important. Avec Jean XXIII, l’image du pape a changé, et avec elle la compréhension que l’on a de sa fonction prophétique.

Schématisons rapidement, afin de bien saisir les lignes de force. La centralisation romaine développée à partir des années 1840 et l’affirmation théorique du pouvoir universel et immédiat du pape sur l’Église ont donné au pape une importance inégalée auparavant dans le catholicisme. Ce phénomène est la réponse à la mise en cause théorique et pratique du catholicisme par le libéralisme, spécialement après 1789. En effet, celui-ci, dans ses différentes déclinaisons, entend rejeter l’influence du catholicisme dans la vie sociale. Le libéralisme philosophique affirme la primauté et l’autonomie de l’individu et du sujet, l’usage de la raison, le refus de l’autorité et de la tradition, l’impossibilité de parvenir à un accord sur la vérité et sur les questions métaphysiques; il rejette l’argument d’autorité. Le libéralisme religieux défend pour l’homme la possibilité de choisir sa religion et les contraintes religieuses qui pèsent sur lui. Le libéralisme politique pose l’origine du pouvoir dans la nation et non en Dieu, et gère le temporel sans faire appel à la métaphysique. Le libéralisme économique défend le primat de l’activité économique permettant la réalisation du sujet et la domination du monde, la liberté d’entreprendre et la maximisation du profit, en dehors de critères moraux, si ce n’est celui de la satisfaction individuelle.

La perte du pouvoir temporel papal en 1870 (prise de Rome par l’État italien libéral) a marqué une inflexion: de manière compensatrice, la dimension symbolique du pouvoir du pape a été renforcée par le biais du prophétisme. Ce prophétisme est apocalyptique. Il peut être rapproché du prophétisme analysé par la sociologie. La mission du pape, donnée par Dieu, institutionalisée dans l’Église, lui confère un charisme. Le pape-prophète dénonce les maux présents et ceux à venir: la société moderne est infidèle à ce qu’elle peut connaître par le travail de la raison, la loi divine et la loi naturelle. L’argumentaire se fonde ainsi sur la raison pour se faire comprendre, mais exploite aussi les thèmes apocalyptiques du donné révélé et patristique (l’arrivée du fils de la perdition, qui renvoie à saint Paul 2 The 2, 3) chez Pie X dans son encyclique E supremi apostolatus en 1903, l’opposition de la Cité de Dieu et de la Cité du Mal, reprise de saint Augustin chez Léon XIII dans l’encyclique Humanum genus en 1884). En même temps, il s’attache à jouer un rôle concret, notamment de médiation entre les États en conflit, afin de montrer la pertinence de son positionnement. Bref, le pape dénonce les maux spirituels et des insuffisances de la modernité, appelle à revenir aux solutions catholiques, en montre la fécondité. L’apocalyptique n’est donc pas absolue, mais est la tendance de fond, y compris dans les interventions de Benoît XV pendant la guerre (par exemple l’encyclique Ad beatissimi apostolorum de 1914).

Jean XXIII et Vatican II réalisent une vraie rupture. Certes, le prophétisme demeure apocalyptique, les maux passés, présents et à venir sont toujours dénoncés. Mais le positionnement change. Ce n’est plus au nom de Dieu et de ses droits mais au nom de l’homme et de sa dignité que le pape s’engage. Il faut défendre l’homme et tout l’homme, spécialement les pauvres et les petits, dénoncer les injustices, les atteintes à la dignité humaine. Alors qu’auparavant la dignité était intrinsèquement liée à la conformation du comportement humain à la vérité (chuter dans l’erreur et y demeurer entraînait la perte de la dignité, comme le dit Léon XIII dans son encyclique Immortale Dei en 1885), elle est désormais inaliénable car fondée sur la création et le rachat par Dieu (déclaration Dignitatis humanæ du concile Vatican II, sur la liberté religieuse). Le prophétisme devient ainsi philanthropique. Précisons bien: fondée sur Dieu (c’est Dieu qui aime l’homme et lui confère sa dignité), cette philanthropie maintient l’existence d’une vérité transcendante valable universellement. L’intransigeance face au libéralisme demeure donc.

Il n’en reste par moins qu’on passe d’une intransigeance à une néo-intransigeance, du prophétisme apocalyptique au prophétisme philanthropique, à l’image de Paul VI, dans sa dernière adresse à Vatican II. Il interpellait alors le 7 décembre 1965 les "humanistes modernes" et leur demandait de reconnaître le "nouvel humanisme" du catholicisme, car les catholiques "plus que quiconque [ont] le culte de l’homme". Jacques Maritain, l’un des principaux philosophes catholiques du XXe siècle, commentait en jugeant que "ce ne sont plus les choses humaines qui prennent en charge de défendre les choses divines, mais les choses divines qui s’offrent à défendre les choses humaines (si celles-ci ne refusent pas l’aide offerte)." (Le paysan de la Garonne. Un vieux laïc s’interroge à propos du temps présent, Paris, Desclée de Brouwer, 1966, pp. 13-14).

Ainsi, très vite, le nouveau prophétisme remplace l’ancien. Jean XXIII démonétise radicalement Pie XII. L’opposition de leurs attitudes, le hiérarque aristocrate face au bon paysan, prêche en faveur du nouveau pape. Les encycliques, en particulier Pacem in terris (1963), tranchent en partie par leur ton avec les encycliques antérieures. Le lancement de Vatican II, qui voit l’Église catholique réaliser une rupture profonde, au moins psychologique, avec son passé antiprotestant et antimoderne, accentue la dévalorisation. Se multiplient depuis les regrets que son attitude n’ait pas été "prophétique" (par exemple P. Pierrard, "Pie XII et les Juifs", 2000 ans de christianisme, t. IX, Paris, Le Livre de Paris-Hachette, 1994 (1985), p. 235; dépêche de l’agence ZENIT, 26/10/2000).

[TOP]

Prophétisme catholique et prophétisme moderne

Cette mutation de la perception du prophétisme papal s’est aussi produite à l’extérieur du catholicisme. Elle ne fut pas évidente. Rappelons simplement que Benoît XV, qui dénonçait la Première Guerre mondiale et ses causes (refus de la reconnaissance sociale de Dieu) et se voulait impartial, fut accusé de prendre parti par l’Entente et par les Empires Centraux. Les années 1930 voient un premier changement se produire. La crise économique et la remise en cause des démocraties par les totalitarismes permettent au pape d’être davantage entendu. Certes, l’encyclique Quadragesimo anno (1931) sur la question sociale n’a pas une réelle audience. Mais il n’en va pas de même en 1937 - Mit brennender Sorge, qui dénonce le nazisme, est suivi cinq jours plus tard de Divini Redemptoris, qui condamne le communisme. Pie XI commence alors à être perçu comme un prophète philanthropique, ce que son engagement en faveur de la paix accentuera. Sa mort suscite des louanges presque unanimes.

Comment comprendre qu’un pape-prophète puisse être apprécié par un système qui, par sa nature, s’oppose à ce qu’est un pape et à ce qu’est un prophète ? Avançons une hypothèse. En 1898, Émile Zola lance son "J’accuse!" pour demander la révision du procès du capitaine Alfred Dreyfus, injustement condamné pour espionnage. Le "Manifeste des intellectuels" le relaie. L’intellectuel naît alors, c’est-à-dire le savant ou le sage qui, au nom de ses compétences universitaires ou artistiques, intervient dans le débat politique pour défendre la cause du droit, de la justice, et la vérité. Le prophétisme, comme témoignage attestateur, protestation éthique publique, se rapproche de ce que l’on comprend en parlant d’"intellectuel". En dénonçant les maux contemporains, Pie XI se rapprochait de l’intellectuel, quoi qu’il se positionnât comme prophète. La publication successive de Divini Redemptoris et de Mit brennender Sorge permettait de l’interpréter selon le clivage dominant parmi les intellectuels, anticommunisme-antifascisme. Il défendait aussi la paix, proche ici du pacifisme munichois d’une majorité d’intellectuels. Et sa dénonciation de l’inéluctabilité de la guerre si les hommes ne changeaient pas se trouva confirmée, avant sa mort, par l’invasion de la Pologne. Bref, il devenait intellectuel et prophète.

Bien que Pie XII fût connu comme Secrétaire d’État de Pie XI, la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide vont empêcher que le même processus se poursuive complètement pour lui. En effet, ces deux périodes voient se mobiliser très fortement les intellectuels, en faveur d’un camp ou d’un autre. La volonté de Pie XII de maintenir inéluctablement, et quoi qu’il lui en coutât en terme d’image ou de conscience, son impartialité, son refus de choisir un camp, explique qu’il sera accusé d’en favoriser un, comme cela était arrivé à Benoît XV durant la Première Guerre mondiale, ou à Pie XI lors des tensions franco-allemandes des années 1922-1924. La propagande soviétique insiste en particulier sur son anticommunisme. Pie XII ne fonctionne donc plus que comme prophète, au sein du monde catholique. Cependant, son souci de paix est pris en compte lors de son décès.

Cependant, ici aussi, Jean XXIII supplante très vite Pie XII. Leurs différences d’apparence jouent profondément, alors que se manifestent déjà les remises en cause des hiérarchies et des distinctions sociales, notamment symboliques (par exemple recul du vêtement comme marqueur social, développement d’une société du loisir et de la jeunesse). De plus, non seulement le magistère catholique change de ton dans ses encycliques (avec Pacem in terris pour la première fois, un pape s’adresse aussi aux "hommes de bonne volonté", c’est-à-dire aux non-catholiques), mais aussi d’univers spirituel, intellectuel et anthropologique avec Vatican II. Cette remise en cause interne croise les contestations théoriques de l’humanisme occidental (Les Mots et les choses de Michel Foucault en 1966). Aussi le passé catholique perd-il alors tout crédit. Mais donnant le sentiment de se convertir à la modernité, le prophétisme papal redevient audible. La modernité, entendant des propos qui pouvaient être rapprochés des siens, intègre et en partie accepte un prophétisme papal se redéfinissant comme philanthropique. L’intervention de Paul VI à l’ONU le 4 octobre 1965, avec sa ratification des buts de l’organisation, son positionnement comme représentant d’une Église "experte en humanité" et son appel à la paix et contre la guerre, en manifeste la ratification. Le pape prophète philanthrope devient un des éléments normaux de la vie internationale.

Nuançons bien cependant. La rencontre est partielle et ponctuelle. Partielle d’abord, puisque la modernité n’intègre le prophétisme papal philanthropique que dans la mesure où il produit un discours pouvant être rapproché de l’affirmation du bonheur individuel et de la défense des droits de l’homme, notamment des droits sociaux et économiques, à un moment où la question du développement et du Tiers-Monde, avec la décolonisation, devient une question politique mobilisant les organisations internationales, les États et les associations. Ponctuel ensuite : l’accord se brise largement en 1968. De Pacem in terris à Humanæ vitæ, il n’y a que cinq ans. En effet, en refusant dans ce dernier texte la contraception, spécialement chimique, au nom d’un absolu religieux, Paul VI manifeste la néo-intransigeance catholique : la conscience demeure contrainte par le vrai qui peut être trouvé par la raison soutenue par la Révélation; tout n’est pas possible, même au nom de l’épanouissement de l’homme, surtout en son nom.

La rupture n’est cependant pas complète. Le discours social papal continue à être accueilli plutôt favorablement, spécialement lorsqu’il traite du développement ou des droits de l’homme. Le discours moral est par contre radicalement contesté. Le prophétisme philanthropique de la modernité (protester au nom des droits de l’homme) n’est donc pas celui du catholicisme, et tous deux diffèrent profondément du prophétisme apocalyptique.

Ainsi, deux prophétismes en jugent un troisième, antérieur, alors qu’ils n’ont ni le même contenu, ni les mêmes bases. L’absence d’historicisation des notions favorise encore l’opération. Il serait possible de souligner que le régime intellectuel de la modernité, qui revendique la plus grande transparence possible de la raison à elle-même, afin de pouvoir s’exercer le plus librement possible, et donc de poser les jugements les plus vrais, n’est pas ici respecté. Mais tel n’est pas le sujet. Constatons simplement que nous avons mis en évidence les caractéristiques de trois prophétismes, et en avons en partie dessiné l’histoire.

Peut-on pour autant davantage comprendre le sens de la polémique? On a surtout pour l’instant déblayé le terrain: une notion floue cache en fait trois prophétismes incompatibles car procédant de trois univers différents et divergents, mais pouvant, en certaines circonstances, se croiser. Il faut donc encore progresser dans l’analyse. Partons ici des acteurs eux-mêmes.

[TOP]


Introduction

I. ProphÈtes et prophÉtismes

II. Les accusateurs de Pie XII

III. Les dÉfenses catholiques

IV. Le catholicisme dans la modernitÉ

V. L’Ère des minoritÉs?

Sources


[TOP]

Modifié [une erreur de date] le 4.06.2002

© 2002 www.religioscope.com

Les textes peuvent être reproduits avec indication de la source.
Permission granted to use the article, providing acknowledgment is given.



English: Home
Articles
Interviews
Documents

Francais: Accueil
Articles
Entretiens
Documents