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TENTATIVES DE CREATION
D'UN RITE ORTHODOXE OCCIDENTAL
Esquisse historique (suite)
L’ECOF
ne représente pas l’unique tentative contemporaine de restauration
ou de (re)création d’un rite occidental, mais les autres se
sont déroulées plutôt sur les marges du monde orthodoxe. On
peut notamment mentionner le Patriarcat de Glastonbury et
l’Eglise orthodoxe celtique en France, dont les destins ont
été liés durant des années et jusqu’à une date récente. Se
réclamant de l’héritage spirituel d’un ex-dominicain, Jules
Ferette, qui aurait été consacré en 1866 comme évêque d’Iona
par un prélat jacobite, le groupe décida en 1944 de « restaurer
les rites liturgiques gallicans de l’Europe occidentale »,
dont la structure était non romaine « et qui avaient
beaucoup en commun avec les liturgies orientales ».
« Le
rite de Glastonbury ne prétend pas être une reconstruction
de quelque rite gallican spécifique, car cela serait impossible
étant donné que de nombreux formulaires gallicans n’existent
qu’à l’état fragmentaire ou sous une forme romanisée. Les
compilateurs ont donc puisé librement dans tous les rites
gallicans et, là où des additions étaient nécessaires (provenant
en grande partie du rite byzantin), ont préservé l’ethos
gallican et conservé ses coutumes et structures bien que
les mots précis soient d’une autre origine. »[65]
Baptisé
« Liturgie de saint Joseph d’Arimathie », le rite
de Glastonbury se veut donc un rite néo-gallican s’inscrivant
dans la même catégorie que la « Liturgie selon saint
Germain de Paris »[66].
En France, l’Eglise orthodoxe celtique, alors dans la juridiction
du Patriarcat britannique, a également publié des textes liturgiques
de rite « celtique » ou « néo-celtique » ;
ce groupe trouve sa source dans l’action de Mar Tugdual, de
son nom civil Jean-Pierre Danyel (1917-1968), reçu dans l’Eglise
orthodoxe de France en 1949, puis qui poursuivit sa route
dans le monde des « petites Eglises », tout en menant
dès 1955 une vie d’ermite en Bretagne et en cultivant une
spiritualité celtique — il a été canonisé par l’Eglise celtique
en août 1996.
Il
serait trop long d’évoquer ici les péripéties des tentatives
de restauration d’une Eglise orthodoxe celtique. Le Patriarcat
de Glastonbury n’existe plus, puisque son métropolite britannique
a été reçu avec une partie de ses prêtres et de ses fidèles
au sein de l’Eglise copte en 1994 ; à cette occasion,
le diocèse a abandonné le rite de Glastonbury et, réalisant
plus tôt que prévu des projets déjà amorcés, a adopté, avec
la bénédiction du Patriarcat copte, la Liturgie de saint Jacques[67]. Le groupe breton et d’autres communautés
autrefois dans la juridiction de Glastonbury demeurent en
revanche indépendants.
Parmi
les essais de restauration de rites anciens, on mentionnera
brièvement une autre tentative de restitution du rite celtique
sur la base du Missel de Stowe (considéré par les spécialistes
comme le document le plus important pour l’étude de ce rite),
à l’initiative du Père Kristopher Dowling, qui est à la tête
d’une paroisse de rite occidental à Akron (Ohio)[68].
Quant
au Monastère de Saint Hilarion à Austin (Texas), il a restauré
le rite de Sarum, célébré en Angleterre avant le schisme,
et publie des éditions très soignées de ses textes liturgiques[69]; à noter que ce
groupe, qui a également des paroisses en Angleterre et en
Serbie, a adopté le calendrier julien.
[65] Seraphim Newman-Norton,
Fitly Framed Together. A Summary of the History, Beliefs
and Mission of the Orthodox Church of the British Isles,
Glastonbury, Metropolitical Press, 1976, p. 11.
[66] The Divine Liturgy
for the Celebration of the Holy Eucharist According to the
Glastonbury Rite, Commonly Called the Liturgy of Saint Joseph
of Arimathea, 6e éd.,
Glastonbury, Metropolitical Press, 1979, p. 1.
[67] Abba Seraphim « The
Liturgy of Saint James », in Glastonbury Bulletin,
N° 93, juillet 1996, pp. 102-202.
[68] Celtic Missal. The
Liturgy and Diverse Services from the Lorrha (« Stowe »)
Missal, nouvelle éd., Akron,
Ascension Western Rite Orthodox Church, 1996.
[69] Cf. Old Catholic
Prayer Book, Austin, St. Hilarion Press, 1991.
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