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Analyse

RELIGIONS, SPIRITUALITÉS ET SOCIÉTÉS
AU XXIe SIÈCLE:
PERSPECTIVES POUR LA SÉCURITÉ
A L'HORIZON 2025


Les grandes lignes du texte que l’on trouvera ci-dessous avaient été présentées à l’occasion d’un colloque organisé à Paris le 13 octobre 2000 sous les auspices de l’IHEDN (Institut de Hautes Etudes de la Défense Nationale). A la demande des organisateurs, l’auteur s’était livré à un essai de prospective. Au moment de mettre ce travail en ligne, nous avons longuement hésité : fallait-il le livrer tel quel, dans sa version finale révisée en novembre 2000, plus de 18 mois après sa rédaction ? C’est le choix que nous avons finalement fait : une étude prospective doit pouvoir résister à l’épreuve du temps. Il est d’autant plus intéressant de la relire maintenant, après le tournant du 11 septembre 2001 et à la lumière de l’évolution de facteurs évoqués dans ces pages.


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La politique de sécurité ne saurait faire l’économie d’une analyse et d’une réflexion sur les facteurs religieux. L’actualité récente nous en a encore fourni des exemples. La visite d’Ariel Sharon sur le Mont du Temple a été perçue comme une provocation qui a mis la Palestine en ébullition : le site sacré est investi d’une valeur symbolique qui confère à l’acte une dimension différente de celle qu’aurait eue une incursion dans un village palestinien[1]. L’intrusion dans l’espace sacré a provoqué les troubles considérés comme les plus graves depuis 1948 dans la population arabe israélienne[2]. Même si ce n’est pas un conflit religieux, des symboles religieux y occupent une place cruciale. A des milliers de kilomètres de là, le pouvoir chinois – qui a pourtant une longue expérience de contrôle de mouvements dissidents – semble ne pas savoir comment faire pour empêcher les manifestants du mouvement spirituel Falun Gong de protester contre la répression qui leur est infligée et donne l’impression de se sentir menacé par ces pacifiques protestations[3]; et, sur un autre front, il s’indigne de la canonisation par l’Eglise catholique romaine de martyrs chinois pourtant bien antérieurs à l’avènement du communisme, y voyant une fois de plus une suspecte intention d’ingérence[4]. Ailleurs, que ce soit aux Moluques ou dans les Balkans, des groupes en conflit font appel à leurs appartenances religieuses respectives, agitées comme autant d’étendards identitaires. Alors que le XXe siècle avait commencé, dans bien des milieux intellectuels, avec la conviction que le rationalisme conduirait bientôt les religions à n’être – au mieux - que des survivances fokloriques ou de pittoresques reliques du passé, peu de penseurs se risqueraient aujourd’hui à prédire que le XXIe siècle verra l’extinction ou la marginalisation des religions : ce sont plutôt certaines idéologies séculières, hier rassembleuses de foules, qui se trouvent en passe de connaître le sort des dinosaures. Peter Berger, professeur à l’Université de Boston et spécialiste mondialement connu en sociologie des religions, conclut que la théorie de la sécularisation s’est trompée et annonce rien moins que la « désécularisation du monde »[5].

Bien entendu, ces déclarations percutantes doivent être prises avec prudence et nuances. L’évolution des religions dans le monde ne suit pas un sens unique, elle ne se résume pas à des formules-chocs, et Peter Berger doit d’ailleurs concéder que sa thèse souffre quelques exceptions, à commencer par la situation en Europe occidentale[6]. Les considérations sur le rôle de la religion dans le monde moderne ont souvent eu tendance à se réduire à des slogans simplificateurs. En réalité, nous observons des évolutions contradictoires et simultanées, y compris au sein des mêmes sociétés : sécularisation et activisme religieux peuvent fort bien se développer parallèlement. Selon des modalités changeantes, le facteur religieux est tout simplement une constante de la vie sociale, avec une influence variable.

Une autre erreur serait de croire les religions immuables. Si elles ont un petit parfum d’éternité, elles sont aussi en constante transformation, même celles - comme l’hindouisme - dont l’antiquité pourrait donner l’illusion de la permanence. Non seulement les religions changent, mais leur statut dans les sociétés a changé – pas seulement en Occident d’ailleurs : tous ceux qui étudient les « fondamentalismes » savent qu’il s’agit de phénomènes bel et bien modernes, malgré les prétentions de retour à un passé mythique. Même les croyants qui affirment haut et fort leur attachement à des formes très traditionnelles de religion ne croient probablement plus exactement comme leurs ancêtres. Dans certains organes de presse américains, le lecteur découvre parfois l’annonce publicitaire d’un groupe catholique intégriste qui invite les fidèles éloignés de tout lieu de culte de rite traditionnel à assister la messe tridentine… sur Internet, où elle est accessible 24 heures sur 24 ![7] La revendication de la tradition s’accorde parfois de façon surprenante avec les techniques de pointe. Le contexte dans lequel vivent les religions s’est transformé. La sécularisation, les mutations sociales et les innovations technologiques entraînent des conséquences que nous ne mesurons souvent qu’après coup. Et la mondialisation se joue dans le domaine religieux aussi. Décrire l’avenir possible des religions et de leur influence sur la sécurité internationale signifie donc prêter attention à ces transformations en cours ou émergentes. En outre, pour compliquer un peu les choses, il ne suffit pas toujours de prolonger une courbe actuelle pour obtenir un aperçu vraisemblable d’une situation future.

Surtout depuis la fin de la guerre froide, nous avons conscience que nos possibilités prédictives dans le domaine stratégique à long terme sont limitées. Il est téméraire de vouloir décrire l’état et l’influence des religions dans le monde à l’horizon 2025. Certaines des lignes tracées ici se révéleront peut-être moins droites que nous ne l’imaginons aujourd’hui. L’entreprise est hasardeuse, mais pourtant stimulante[8]. Afin d’ébaucher brièvement quelques-unes des perspectives qui paraissent les plus vraisemblables, je procéderai sous forme de thèses, ce qui aura l’avantage de la concision.

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*       Dans un contexte marqué par la mondialisation et la rapidité des communications, les religions vivront de moins en moins dans des sphères autonomes et l’interpénétration des croyances s’accentuera probablement. Cela débouchera sur des attitudes de relativisme ou de syncrétisme, mais aussi sur des tensions.

Je cite souvent une petite anecdote qui illustre les conséquences de la facilité et de la rapidité des communications. Il y a quelques années, au Mont Abu, au Rajasthan, un habitant du lieu me proposa de m’emmener voir un ermite dans une grotte. Au petit matin, nous nous mîmes donc en route dans un magnifique paysage de montagne. Après une petite heure de marche, nous atteignîmes la grotte du saint homme. J’eus alors la surprise de voir apparaître un jeune Québécois, qui nous expliqua fort aimablement que l’ermite, dont il gardait l’habitation troglodyte, ne pourrait malheureusement pas nous recevoir, car il s’était absenté pour une quinzaine de jours afin d’aller rendre visite à des disciples… en Autriche !

Cette situation sans précédent a plusieurs conséquences. Tout d’abord, il est difficile de porter sur les autres religions le même regard que dans le passé : il ne s’agit plus simplement de phénomènes exotiques, car elles sont présentes au coin de la rue. Même parmi les religions ethniques ou nationales, rares sont celles qui, aujourd’hui, n’ont pas une dimension internationale. Même les zoroastriens, qui n’admettent en principe pas de convertis dans leurs rangs[9], comptent parmi leurs 130 000 fidèles, outre 80 000 âmes en Inde et 25 000 en Iran, 15 000 croyants en Amérique du Nord et d’autres répartis dans plusieurs pays. L’hindouisme, dans sa diversité, compte une diaspora estimée à quelque 15 millions d’âmes au début des années 1990[10], certainement appelée à croître rapidement, pour des raisons tant démographiques qu’économiques. On commence à voir apparaître, dans des pays occidentaux, des temples hindous bâtis dans le style traditionnel ; si certains milieux hindous continuent à refuser les conversions, d’autres n’ont pas ces réticences, en particulier les nombreux mouvements néo-hindous apparus dès le 19e siècle et qui ont choisi la voie d’une universalisation de l’hindouisme, d’ailleurs en bonne partie en réponse au prosélytisme musulman et chrétien, qui les plaçait face à des questions épineuses[11]. Le phénomène de diaspora est évidemment bien connu (et nullement récent !) en ce qui concerne le judaïsme, qui n’a par ailleurs jamais entièrement fermé la porte à des conversions[12].

Tout cela ne va pas nécessairement déboucher sur de nouvelles grandes compositions syncrétiques, mais aura certainement d’autres conséquences : a) de moins en moins de fidèles des grandes Eglises se montreront prêts à accepter des positions exclusivistes (comme l’illustrent les réactions au récent document romain Dominus Jesus), des attitudes relativistes seront de plus en plus répandues, puisant des éléments issus d’autres croyances ; b) les traditions religieuses nouvellement importées en Occident vont également connaître des adaptations, à la fois au sein de leurs communautés d’origine et par suite de l’adhésion de convertis occidentaux [13] .Le malaxage croissant entre traditions différentes ne sera pas simplement une grande et joyeuse fête multiculturelle : il entraînera des tensions au sein des communautés concernées et dans leur voisinage. Comme l’a fait remarquer un sociologue allemand, la réalité actuelle est celle d’un pluralisme limité, les sociétés occidentales ne sont pas (encore ?) devenues des sociétés multireligieuses et leurs valeurs fondamentales restent liées dans une certaine mesure à la tradition chrétienne[14]. Il se peut que cela change, mais une telle transition entraînerait inévitablement des réactions et situations conflictuelles, qui ne resteraient pas sans conséquences du point de vue de la sécurité.

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*       En contradiction avec la tendance générale au mélange des religions et des croyances, certaines zones du globe demeureront relativement homogènes ou connaîtront même une homogénéisation religieuse croisssante.

Ce n’est pas demain, bien sûr, que les missionnaires de toutes croyances iront frapper aux portes des moines du Mont Athos ou des dignitaires du Vatican ! Mais, en dehors même de ces petites enclaves monoreligieuses atypiques, d’autres zones du globe paraissent destinées à être relativement préservées du pluralisme religieux pour une durée encore indéterminée. A voir le traitement réservé aux non musulmans en Arabie saoudite, je doute fort – sauf bouleversement complet – qu’on y voie s’élever demain des églises ou des temples de religions non musulmanes ! Non seulement une partie du monde musulman paraît destinée à demeurer pratiquement monoreligieuse dans les années à venir (malgré l’impact potentiel des moyens de communication modernes), mais l’homogénéisation religieuse de certaines zones du globe s’est en fait – et paradoxalement – renforcée au cours du XXe siècle. Que l’on songe par exemple à la Turquie, qui comptait une substantielle population chrétienne avant 1920, réduite aujourd’hui à peu de chose. La diminution de la population chrétienne dans plusieurs pays du Proche-Orient est également une réalité. Quant aux Balkans, les conflits des dernières années ont eux aussi entraîné une certaine homogénéisation religieuse de plusieurs zones.

Cela a-t-il des implications pour la sécurité ? Certainement. La coexistence de groupes religieux différents présente certes des risques de frictions, mais elle comporte aussi des avantages : lorsque le croyant d’une autre religion est le voisin, il y a quelque chance que cette religion prenne ainsi un visage humain et ne soit pas simplement une entité anonyme. L’homogénéisation religieuse de certaines zones risque de contribuer, si des mouvements religieux activistes s’y développent parallèlement, à une vision très réductrice et simplificatrice d’autres religions ou d’autres sphères culturelles.

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"      Dans un paysage religieux marqué par un éclatement sans précédent et par la possibilité d’accès à un nombre pratiquement illimité de voies spirituelles, il est peu probable qu’une nouvelle grande religion mondiale soit en mesure d’émerger ou de s’affirmer au cours des vingt-cinq années à venir.

En raison de la facilité des communications et de la possibilité (en tout cas théorique) pour une nouvelle religion d’acquérir instantanément une audience mondiale – situation sans précédent - , nous pourrions imaginer que se lèvera demain une foi nouvelle qui se répandra comme un traînée de poudre et s’implantera plus rapidement encore que l’islam à ses débuts pour devenir une nouvelle grande religion mondiale, à côté de prédécesseurs à l’existence déjà séculaire. Un tel scénario serait excitant pour l’historien des religions et représenterait une transformation majeure du contexte stratégique, mais je le crois fort improbable. De nouvelles religions apparaissent en effet, et certaines seront durables, deviendront peut-être l’amorce de traditions indépendantes. En revanche, la tendance au relativisme et la possibilité d’accéder à une très large palette d’offres spirituelles feront qu’il sera difficile à une religion nouvelle d’émerger de la mêlée et de s’affirmer comme un grand mouvement à l’échelle mondiale[15].

Certains mouvements continueront de connaître une progression notable. Par exemple, les mormons (Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours) comptent aujourd’hui quelque 11 millions de membres – une croissance déjà considérable si l’on songe qu’ils rassemblaient un peu plus de 1 million de membres en 1950 et moins de 5 millions en 1980. Selon les projections, ils pourraient être 35 millions en 2020, avec de fortes modifications dans la répartition entre continents (les projections indiquent que la majorité des membres vivront probablement en Amérique latine)[16]. A titre de comparaison, cela signifie que, dans quelques années déjà, le nombre de mormons dans le monde aura dépassé le nombre de juifs : ceux-ci comptaient un peu plus de 13 millions d’âmes en 1997, avec un très modeste accroissement annuel de 0,2% environ[17]. Cela signifie-t-il que le mormonisme comptera désormais au rang des grandes religions mondiales ? Il n’est pas exclu que ce statut lui soit un jour reconnu, mais, en même temps, la dimension statistique ne nous révèle qu’une partie de la réalité : même avec une population inférieure à celle du mormonisme, l’influence culturelle, économique et politique du monde juif restera de toute évidence très supérieure à celle que pourront prétendre exercer les mormons.

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*       En raison du développement rapide de moyens de circulation des idées tels que le réseau Internet, les croyances s’influenceront de plus en plus mutuellement et les transferts de thèmes d’un groupe religieux à un autre s’accéléreront (phénomènes transreligieux).

La véritable explosion que connaît le réseau Internet a donné lieu à bien des hypothèses. Certains auteurs suggèrent par exemple que les groupes religieux les plus variés vont y trouver l’occasion de répandre leurs doctrines. Comme nous l’avons déjà remarqué, la réalité est plus complexe : non seulement la surabondance de l’offre ne crée-t-elle guère des conditions favorables (pourquoi choisir une voie spirituelle plutôt qu’une autre, quand il suffit de cliquer sans quitter son écran pour avoir accès confortablement à des dizaines d’offres différentes ?), mais Internet offre également à des voix critiques l’occasion d’exposer leurs griefs ou désaccords avec les groupes qui tentent d’y faire du prosélytisme, et il n’est donc pas sûr que ce nouveau moyen de communication soit l’instrument rêvé de toutes les propagandes[18]. En revanche, il semble prédisposé à promouvoir tous les butinages et tous les éclectismes: la facilité avec laquelle sont établis des liens d'une page à l'autre contribuera à accélérer les transferts de thèmes et d'idées. Même à l'intérieur des grandes religions, ceux qui y adhéreront seront sans doute de plus en plus souvent touchés par des croyances étrangères à leur propre tradition – consciemment ou non. Pour en donner un exemple à une échelle microscopique : je me suis livré à une petite recherche sur un groupe de discussion catholique apocalyptique sur Internet, et j’ai pu voir non seulement y participer des gens qui n'appartiennent pas à la tradition catholique, mais aussi y apparaître des thèmes qui proviennent d'autres courants religieux. C'est un minuscule exemple des malaxages qui vont s'opérer de plus en plus.

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[1] Cf. Jean E. Rosenfeld, « Profane Acts, Profound Consequences », in Los Angeles Times, 4 octobre 2000. La lecture des textes des militants juifs sionistes favorables à la reconstruction du Temple sur l’esplanade des mosquées montre que les émotions s’enflamment tout aussi rapidement « en face », par exemple lorsque l’administration musulmane se livre à des travaux sur le site. On peut le voir en visitant un site comme celui des Fidèles du Mont du Temple et de la Terre d’Israël : http://www.templemountfaithful.org/. Sur les spéculations et l’activisme autour du Mont du Temple, cf. Gershom Gorenberg, The End of Days : Fundamentalism and the Struggle for the Temple Mount, New York, Free Press, 2000.

[2] Selon Elie Rekhess, directeur du programme sur la politique arabe au Dayan Center de l’Université de Tel Aviv, le sentiment religieux constitue l’un des principaux facteurs ayant conduit à cette situation, au-delà des rangs du Mouvement islamique ; en outre, il se trouve que ce dernier a fait de la cause de la mosquée d’Al Aqsa un thème de ralliement et d’agitation depuis quelques années, ce qui a encore aggravé la crise – à laquelle des éléments de frustration socio-économique au sein de la population arabe ne sont pas non plus étrangers (David Rudge, « Expert : Arabs were Ripe for Explosion », Jerusalem Post, édition en ligne, 3 octobre 2000).

[3] Sur Falun Gong, on pourra trouver une très bonne analyse dans l’article de Hubert Seiwert, « Falun Gong – eine neue religiöse Bewegung als innenpolitischer Hauptfeind der chinesischen Regierung », in Religion – Staat – Gesellschaft. Zeitschrift für Glaubensformen und Weltanschauungen, 1/1, 2000, p. 119-144.

[4] Le régime chinois ne fait ici que poursuivre une tradition de suspicion précommuniste : l’un des martyrs chinois, Joseph Yuan, exécuté par strangulation en 1817, fut interrogé sur la demande de l’oraison dominicale : « Que votre règne arrive ! » En effet, « le préfet soutenait que le sens de cette phrase était que les Européens viendraient pour s’emparer de la Chine » (cité par Jean Charbonnier, « Canonisation de martyrs de l’Eglise de Chine », in Eglises d’Asie, supplément au N° 315, septembre 2000, p. 7).

[5] Peter L. Berger, « The Desecularization of the World : A Global Overview », in P.L. Berger (dir.), The Desecularization of the World : Resurgent Religion and World Politics, Washington / Grand Rapids (Michigan), Ethics and Public Policy Center / William B. Eerdmans, 1999, pp. 1-18.

[6] Ibid., pp. 9-10.

[7] Adresse du site : www.latinmass-ctm.org. Avis aux amateurs… mais le chargement de la vidéo est très long ! A certains égards, ces messes sur Internet pourraient être considérées comme une extension des retransmissions télévisées destinées aux malades et isolés. La juxtaposition entre technologies modernes et revendication pure et dure de la tradition n’en est pas moins frappante.

[8] Ce texte prolonge la réflexion entamée il y a quelques années dans le cadre d’un aperçu d’ensemble de la situation des religions dans le monde et de leur impact stratégique : J.-F. Mayer, Religions et sécurité internationale, Berne, Office Central de la Défense, 1995. Cf. également J.-F. Mayer, « Las religiones en el siglo XXI : perspectivas y temas abiertos », in Revista de la Escuela Nacional de Inteligencia (Buenos Aires), pp. 187-206.

[9] Il n’y a cependant pas unanimité à ce sujet, et le débat sur la conversion parmi les parsis n’est pas nouveau ; de fait, des convertis ont été acceptés, dans le cas de mariages mixtes, mais cela a causé des divisions au sein de la communauté (Cyrus R. Pangborn, Zoroastrianism : A Beleaguered Faith, Nouvelle Delhi, Vikas Publishing House, 1982, pp. 141-146). En revanche, un livre publié par la Fédération des associations zoroastriennes d’Amérique du Nord soutient que la « microscopique communauté parsie » ne dispose pas de la « masse critique nécessaire pour absorber des mariages mixtes, particulièrement dans la liberté relative qui prévaut en Amérique du Nord » ; selon eux, cela conduirait inévitablement à la disparition de l’identité zoroastrienne (Khojeste P. Mistree et Mobed Fariborz Sohrab Shahzadi, The Zarathushti Religion : A Basic Text, Hinsdale [Illinois], The Federation of Zoroastrian Associations of North America, 1998, p. 175).

[10] Ces chiffres incluaient cependant les Indiens d’autres religions. Cf. Jagat K. Motwani et al. (dir.), Global Indian Diaspora : Yesterday, Today and Tomorrow, New York, Global Organization of People of Indian Origin, 1993.

[11] Bien des hindous restent réticents face aux conversions, mais une seule des quatre grandes écoles de l’hindouisme maintient un refus systématique et absolu des conversions, selon le mensuel Hinduism Today (22/1, janvier 2000, p. 31).

[12] Cf. Joseph R. Rosenbloom, Conversion to Judaism : From the Biblical Period to the Present, Cincinnati (Ohio), Hebrew Union College Press, 1978.

[13] Un phénomène récent et digne d’attention, car il s’est développé en un temps très court et paraît appelé à croître, est l’émergence de maîtres spirituels occidentaux se réclamant de traditions orientales, mais reprenant en fait rarement celles-ci telles quelles (cf. Andrew Rawlinson, The Book of Enlightened Masters : Western Teachers in Eastern Traditions, Chicago / LaSalle, Open Court, 1997).

[14] Karl-Fritz Daiber, Religion unter den Bedingungen der Moderne. Die Situation in der Bundesrepublik Deutschland, Marburg, Diagonal Verlag, 1995, pp. 172-174.

[15] Ce n’est pas un scénario complètement exclu, en revanche, à l’échelle d’un pays ou d’une ethnie. Le cas du mouvement chinois Falun Gong est frappant à cet égard, puisqu’il a réussi probablement à rassembler deux millions d’adeptes au moins en dix années à peine. Mais il semble n’attirer que marginalement des adhérents non chinois et rien ne dit qu’il poursuivra sa progression ou même se maintiendra à long terme : il y a aussi des mouvements qui déclinent après des débuts prometteurs.

[16] Lowell C. ‘Ben’ Bennion et Lawrence A. Young, « The Uncertain Dynamics of LDS Expansion, 1950-2020 », in Dialogue : A Journal of Mormon Thought, 29/1, printemps 1996, pp. 8-32.

[17] Sergio Della Pergola, « World Jewish Population, 1997 », in American Jewish Year Book 1999, New York, American Jewish Committee, 1999, pp. 543-580.

[18] Sur l’ambivalence du potentiel offert par Internet aux nouveaux mouvements religieux et sectes, cf. J.-F. Mayer, « Les nouveaux mouvements religieux à l’heure d’Internet », in Cahiers de Littérature orale, N° 47, 2000, pp. 127-147.

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