Religioscope – 15 janvier 2002
Durant
la dernière période de Ramadan, le gouvernement
chinois a intensifié les mesures de contrôle envers la population
du Sinkiang.
Selon
les informations contenues dans un article publié le 23 décembre
2001 par les World
Uighur Network News (organe de nationalistes ouïghours
en exil), des délégués des autorités auraient surveillé avec
une particulière attention les rassemblements dans les mosquées
des régions de Hotan et de Kashgar. Ces délégués auraient
également annoncé de nouvelles mesures interdisant aux jeunes
âgés de moins de 18 ans ainsi qu'aux fonctionnaires du
gouvernement de prier dans les mosquées.
Selon
différentes sources, un renforcement de la surveillance des
coutumes religieuses et populaires du Sinkiang (que les nationalistes
ouïghours préfèrent appeler "Turkestan oriental")
aurait également été édicté au début du mois de janvier 2002
dans la préfecture de Yili, une zone souvent troublée, à la
frontière avec le Kazakhstan. Interrogé par l'AFP,
un fonctionnaire du Parti communiste de Yili a confirmé ces
directives, mais en affirmant que de telles instructions étaient
fréquentes et visaient uniquement à éradiquer des idées "féodales,
superstitieuses et arriérées"[1].
Selon
le bimensuel Eglises d'Asie (N° 342, 1er déc.
2001), les pressions exercées durant sur le ramadan sur les
populations musulmanes de la province du Xinjiang auraient
pris plusieurs formes: "Dans les écoles en particulier,
les élèves musulmans auraient l'interdiction d'observer le
jeûne traditionnel et, dans les administrations, les femmes
n'auraient pas le droit de porter le voile islamique."
Le durcissement des mesures est explicitement lié aux récents
développements autour de l'Afghanistan et à la crainte du
développement de liens entre militants ouïghours et islamistes
radicaux. Mais la nervosité des autorités chinoises à l'égard
de l'islam dans cette région est bien antérieure. (JFM)