Eglises
d'Asie - 16 avril 2002
Mis en ligne le 20 avril 2002 sur RELIGIOSCOPE
LONG
Médecins sans frontières tire le signal dalarme
au sujet de la situation des Rohingyas, de Birmanie, réfugiés
dans des camps situés au Bangladesh.
Depuis
dix ans quils sont réfugiés au Bangladesh,
la situation des Rohingyas, peuple originaire de Birmanie
et de confession musulmane, ne saméliore pas
et va même en saggravant ces derniers mois. Tels
est le message que lONG Médecins sans frontières
(MSF) a lancé le 1er avril dernier, attirant lattention
sur le sort de ces réfugiés, parqués
dans deux camps situés au sud-est du Bangladesh, en
proie à une sous-nutrition grave et au désespoir. "Les 21 000 réfugiés musulmans de Birmanie,
appelés Rohingyas, souffrent de malnutrition ; ils
manquent deau et de nourriture pour se maintenir en
bonne santé ; la sécurité dans les camps
est insatisfaisante et les Nations Unies (le Haut Commissariat
aux réfugiés de lONU) devraient prendre
soin deux", a déclaré Kenny Gluck,
de MSF.
La
présence de ces réfugiés, installés
dans deux camps du district de Coxs Bazar, au Bangladesh,
remonte aux années 1991-1992. A cette époque,
fuyant les persécutions menées par la junte
birmane, près de 250.000 Rohingyas avaient quitté
le nord de lEtat de lArakan (Rakhine), Etat situé
dans louest de la Birmanie. LUNHCR avait par la
suite passé un accord avec Rangoun et organisé
le rapatriement de 230 000 de ces Rohingyas - accord qui noffrait
aucune garantie aux rapatriés quant au respect de leurs
droits en Birmanie. En 1997, les rapatriements ont cessé.
En 1999-2000, un nouvel afflux de réfugiés a
de nouveau accru la population des camps de Coxs Bazar.
Depuis, ces réfugiés semblent dans une impasse
: la Birmanie ne sempresse pas dorganiser leur
retour, le Bangladesh argue de la pauvreté de sa propre
population pour ne pas accepter que ces réfugiés
sintègrent sur place et lUNHCR ne sait
que faire.
"Les
réfugiés vivent dans ces deux camps dans des
conditions misérables. Ils ne disposent ni de nourriture
ni de soins médicaux en quantité et en qualité
suffisantes. Il leur est interdit de quitter lenceinte
des camps ou de travailler pour organiser leur survie",
témoigne Kenny Gluck, qui demande que ces réfugiés "ne soient pas considérés comme représentant
un poids ou un résidu (du processus enlisé de
rapatriement), mais comme des êtres humains, avec leurs
espérances, leurs voix et des droits". Pour
les autorités bangladaises, le non-rapatriement des
Rohingyas est dû au refus des autorités birmanes
de les accueillir; elles assurent quelles font leur
possible pour subvenir au mieux aux besoins de ces réfugiés
dont la présence sur le sol du Bangladesh ne tient
quà des "considérations purement
humanitaires", selon lexpression employée
par un fonctionnaire bangladais de Coxs Bazar.