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DU PROCHE-ORIENT:
ANALYSES ET INFORMATIONS BRÈVES
Religioscope
- 1er mai 2002
Patriarche
orthodoxe de Jérusalem >>>
Colonies juives en Cisjordanie >>>
Programmes de formation rabbinique américains
et séjours en Israël >>> Protestants
américains et Israël >>> Lobbying
pro-israélien de milieux évangéliques conservateurs >>> Vers un "jihad électronique"?
Cette
page offre un choix de quelques nouvelles recueillies dans l'actualité
du mois d'avril. Au milieu des nombreuses dépêches
sur le conflit israélo-palestinien, aucune n'a fait les
titres de grands médias francophones. Ces "brèves"
s'inscrivent dans notre souci de prêter attention également
aux "signaux faibles" et de compléter ce qu'apportent
les sources d'information destinées au grand public.
-
Toujours
pas de reconnaissance du Patriarche Irénée de
Jérusalem par le gouvernement israélien. Elu le 13 août 2001 patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem
par le synode, le prélat devait formellement obtenir
l'approbation d'Israël, de la Jordanie et de l'Autorité
palestinienne, en application d'anciennes réglementations
d'origine ottomane et toujours en vigueur. Tant la Jordanie
que l'autorité palestinienne avaient immédiatement
donné leur feu vert, mais le gouvernement israélien
s'y refuse, soupçonnant le nouveau patriarche de sympathies
pro-palestiniennes trop affirmées. Notamment à
la suite de la visite en Terre sainte de Mgr Christodoulos,
Archevêque d'Athènes, au mois d'avril, des espoirs
étaient nés de voir les dirigeants israéliens
finalement donner leur approbation, d'autant plus que la diplomatie
israélienne presse apparemment Ariel Sharon de mettre
un terme à cette situation. Le premier ministre israélien
semblait prêt à faire le pas, mais, lors de la
séance du gouvernement du 21 avril 2002, plusieurs
membres de son gouvernement ont continué à exprimer
des réserves, nous apprend le Jerusalem
Post (22 avril 2002). Même si cela n'empêche
pas le Patriarche Irénée d'occuper de fait ses
fonctions, cela lui vaut en revanche plusieurs chicanes administratives.
Le New York
Times (25 avril 2002) souligne que, de l'avis de
nombre d'observateurs, le problème crucial est celui
des importantes propriétés foncières du
Patriarcat de Jérusalem. Les opérations immobilières
du Patriarche Diodore, prédécesseur de Mgr Irénée,
avaient donné lieu à de nombreuses interrogations.
Le nouveau patriarche s'est engagé non seulement à
la transparence, mais également à revoir les transactions
opérées au cours des dernières années.
Or, il s'agit dans certains cas de locations à bail à
des promoteurs israéliens, qui devront être renouvelées
dans les années à venir: sujet très épineux
dans le contexte de Jérusalem...
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- Poursuite
de l'implantation de colonies de peuplement juives.
Selon un rapport
publié le 19 mars 2002 par l'organisation pacifiste
israélienne Peace
Now sur la base d'observations aériennes, 34 nouvelles
colonies de peuplement auraient été établies
en Cisjordanie depuis l'élection d'Ariel Sharon en février
2001 (est considéré comme nouveau tout établissement
situé à 700 mètres au moins d'une colonie
déjà existante, même si ce calcul est parfois
contesté par les colons). Au mois de février, la
population des résidents des colonies de peuplement était
estimée à 230.000, indique la Jewish
Telegraphic Agency (29 avril 2002), soit un doublement
depuis dix ans. 206.000 de ces colons juifs vivent en Cisjordanie
(130 colonies), 6.400 à Gaza (16 colonies) et 17.000 sur
les hauteurs du Golan (33 colonies). Des colons ont certes quitté
la région depuis le début de l'intifada, même
si les chiffres donnés par le Yesha Council (Conseil des
colonies en Judée, en Samarie et dans la bande de Gaza)
et ceux avancés par Peace Now divergent. Les nouveaux colons
qui viennent s'installer dans cette zone à risques seraient
en majorité des juifs animés par des motivations
religieuses ferventes.
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-
Programmes
de formation rabbiniques américains: le choc du conflit
israélo-palestinien.
Les juifs libéraux qui suivent une formation rabbinique
au Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion doivent
passer à Jérusalem leur première année
d'étude. La direction de l'école hésite
cependant cette année, en raison de l'insécurité
créée par le conflit et a déjà décidé
de retarder à la fin du mois d'août (au lieu de
juillet) le début du semestre, afin de pouvoir évaluer
la situation, rapporte la Jewish
Telegraphic Agency (29 avril 2002). A la suite de l'attentat
suicide lors du seder pascal de Netanya, le séminaire
a offert aux 60 étudiants actuellement en Israël
la possibilité de revenir plus tôt, et un tiers
d'entre eux ont choisi cette solution. D'autres institutions
américaines de formation rabbinique ont accordé
des exemptions ou envisagent l'éventuelle annulation
de leur programme en Israël, en fonction des développements
dans le pays.
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- Protestants
américains: un peu plus favorables à Israël
que les catholiques en raison de convictions bibliques.
Selon un sondage
Gallup, rendu public le 29 avril 2002, 47% des Américains
sympathisent avec les Israéliens, tandis que 13% sont favorables
aux Palestiniens, 40% n'exprimant aucune préférence
dans un sens ou dans l'autre. On constate cependant que le pourcentage
des catholiques qui sympathisent avec les Israéliens est
un peu plus faible que celui des protestants (42% au lieu de 49%).
Surtout, les catholiques sympathisants d'Israël tendent à
justifier ce soutien avant tout pour des raisons pragmatiques:
parce qu'Israël combat le terrorisme et est victime de celui-ci
(26% des catholiques sympathiques à Israël, 20% des
protestants). La seconde raison la plus souvent invoquée
par les sympathisants d'Israël est la conviction qu'Israël
a un droit légitime à la possession du pays, notamment
pour des raisons bibliques: 19% des protestants sympathisants
citent cette raison (11% des catholiques). Bien entendu, en raison
de l'extrême variété du protestantisme américain,
les résultats de ce sondage n'ont qu'une valeur limitée:
il aurait fallu une subdivision entre familles protestantes. Le
résultat constitue cependant un indice de la diffusion
d'interprétations prophétiques millénaristes,
selon lesquelles l'établissement de l'Etat d'Israël
s'inscrit dans un scénario biblique lié aux événements
des derniers temps et préludant au retour du Christ. Religioscope aura l'occasion de revenir sur ces sujets, dont l'importance ne
doit pas être négligée.
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- Lobbying
des chrétiens conservateurs évangéliques
américains en faveur d'Israël.
Les dirigeants de la droite chrétienne américaine
ont été les plus fermes soutiens d'Ariel Sharon
durant la récente offensive israélienne en Cisjordanie,
souligne un récent article d'IPS publié par Global
Info (25 avril 2002). Selon l'analyse de Jim Lobe, auteur
de l'article, c'est le fruit d'une stratégie amorcée
dès 1977 par le Likoud israélien sous la direction
du premier ministre Menahem Begin en vue de développer
de bonnes relations avec les milieux évangéliques
américains (au départ pour freiner les efforts du
président Jimmy Carter). Non seulement ces milieux se montraient
sensibles aux références bibliques, mais, comme
nous venons de le rappeler dans la nouvelle précédente,
se montrent également convaincus que les développements
au Proche-Orient sont étroitement associés aux événements
apocalyptiques: ces groupes voient dans l'histoire actuelle (particulièrement
autour d'Israël) la réalisation de prophéties
bibliques. Certains de ces courants se désignent eux-même
sous le nom de "chrétiens sionistes". L'alliance
n'est cependant pas dénuée d'ambiguïtés,
puisque ces groupes ne sont pas toujours les moins actifs en vue
de la conversion des juifs. Mais elle vaut dans l'immédiat
des appuis aux "faucons" de la politique israélienne,
en raison de la présence d'un actif lobby évangélique
dans les sphères parlementaire et gouvernementale des Etats-Unis.
Ces relations sont donc soigneusement cultivées. Ce lobby ne dicte certes pas la politique américaine, fait observer
le Christian
Science Monitor (16 avril 2002), mais leur voix n'est
pas la moins forte dans le débat américain autour
du Proche-Orient. Même si une autre voix commence à
se faire entendre aussi à Washington: celle des Américains
d'origine arabe. D'autres éléments beaucoup plus politiques et électoralistes
pèsent cependant aussi dans la balance: alors que le président
Bush n'avait reçu que 19% du vote juif en l'an 2000 (les
démocrates avaient également bénéficié
d'un soutien financier beaucoup plus fort de la part de donateurs
juifs), son attitude pourrait encourager plus d'électeurs
juifs à soutenir le Parti républicain dès
les élections parlementaires de l'automne 2002 (Washington
Post, 30 avril 2002). Les électeurs juifs ne représentent
que 4% à l'échelle nationale, mais leur vote peut
être crucial dans certains Etats.
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- Vers
un "jihad électronique" en réponse à la situation au Proche-Orient? Une flamme qui consume
un drapeau américain et une autre qui brûle un drapeau
israélien: telle est l'animation qui égaie le site
islamiste et antisioniste Unity. Dans un article publié par IT-Director.com (5 avril 2002), republié depuis sur
le site de Global Profile, et intitulé
"The e-Jihad against Western Business", Giles Trendle
rapporte d'intéressantes déclarations de l'auteur
du site en réponse à ses questions. Le rédacteur
de Unity appelle à utiliser les ressources d'Internet pour
attaquer l'ennemi: "Alors que la technologie de l'information
en arrive à gouverner tous les domaines de notre vie, il
n'est plus nécessaire d'avoir des roquettes pour détruire
une installation électrique." Et d'ajouter: "Infiltrer
plutôt les réseaux de l'ennemi et y déposer
votre code fournira un meilleur résultat." La
cyberguerre devient de plus en plus une réalité,
et les technologies de l'information peuvent se transformer en
armes. Dans le cas des tensions au Proche-Orient, des actions
de cyberguerilla (lancées par des partisans des deux camps)
s'étaient notamment déjà produites au cours
du dernier trimestre de l'an 2000: le site du Hezbollah s'était
ainsi passagèrement retrouvé "hors combat".
Nombre d'experts craignent que la cyberguerre prenne bientôt
une nouvelle ampleur (analyse d'ailleurs partagée par le
responsable des sites du Hezbollah); et, en raison des caractéristiques
du réseau Internet, une offensive lancée dans une
région pourrait avoir des répercussions beaucoup
plus larges (diffusion de virus, par exemple). Si la "guerre
sur le Web" a surtout été jusqu'à maintenant
une guerre de propagande - certes pas sans importance - la question
qui se pose est de savoir si elle pourrait se transformer en actions
visant à perturber des infrastructures (ce qui ne serait
pas sans conséquences en Israël, en raison de la très
forte densité du réseau Internet dans ce pays).
[TOP]
Ces
notes ont été rédigées par Jean-François
Mayer.
© 2002 www.religioscope.com
Les textes peuvent être
reproduits avec indication de la source.
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