             

OBSERVATOIRE
DE L'ACTUALITÉ
Religioscope - 8 mai
2002
Sommaire:
Activités de la Vishva
Hindu Parishad (VHP) au Sri Lanka >>> Accord
de paix entre "Tigres" tamouls et musulmans du Sri
Lanka >>> Accord entre le Saint-Siège
et le gouvernement turc pour promouvoir le dialogue interreligieux
>>> Etats-Unis: croissance des
baptistes du Sud >>> Pays-Bas:
vers une fusion de trois Eglises protestantes >>>
Dévots de Krishna en Ukraine >>>
Anglicans en Birmanie >>> Relations
entre Israël et l'Azerbaïdjan >>> Grande-Bretagne:
centième anniversaire du judaïsme libéral
>>> Equateur: politisation des communautés
évangéliques >>> Mormons
et islam >>> Eglise de Jésus-Christ
des saints des derniers jours: le temple de Nauvoo reconstruit
>>> Corée: conséquences
religieuses du passage à la semaine de 40 heures
Son
action dans la diaspora hindoue est connue, mais l'on sait
moins que la Vishva Hindu Parishad (VHP) étend ses
activités de promotion de l'unité hindoue dans
les zones tamoules du Sri Lanka. Fondée en 1964,
la VHP (Association hindoue universelle) joue un rôle
clé dans la dimension religieuse du nationalisme hindou.
L'association s'efforce en particulier de créer un
front commun de l'hindouisme face aux menaces qui mettraient
celui-ci en danger; elle occupe une place centrale dans la
controverse autour d'Ayodhya (dont l'on peut
suivre les développements
grâce à notre fil d'information en anglais).
Un reportage de l'IANS
(Indo-Asian News Service), publié dans le Hindustan
Times (14 avril 2002) nous révèle
que la VHP est maintenant active dans les zones du Nord du
Sri Lanka contrôlées par les "Tigres"
tamouls (LTTE) et y a établi une douzaine de branches.
Un représentant de la VHP, Swami Vigyananand, a d'ailleurs
participé (en tant que correspondant d'un périodique
de la VHP) à la conférence de presse de Prabhakaran,
chef du LTTE, le 10 avril 2002. L'association n'entend pas
prendre position par rapport au combat du LTTE, mais il faut
noter que cette organisation ne met aucun obstacle au travail
de l'association hindoue dans les territoires sous son contrôle
- alors même que le LTTE compte dans ses rangs de nombreux
chrétiens et jouit du soutien d'une partie du clergé
chrétien. L'orientation du LTTE lui-même est
cependant séculière. Comme on le sait, la VHP
entend lutter contre l'influence chrétienne et musulmane,
particulièrement les activités missionnaires
dirigées vers des hindous. Elle est également
active parmi les populations hindoues d'autres zones du Sri
Lanka et ne semble pas y avoir d'objections envers les bouddhistes,
note l'auteur de l'article, Narayan Swamy. Reste en revanche
à voir quelles seront les conséquences à
long terme de l'action de la VHP au sein de la communauté
tamoule elle-même, en raison de frictions prévisibles
entre hindous et chrétiens.
[TOP]
Toujours au Sri
Lanka, après l'article
récemment mis en ligne sur Religioscope au sujet
des musulmans, un important développement est intervenu:
les "Tigres" tamouls et la communauté
musulmane ont conclu un accord de paix, a-t-on appris
le 13 avril 2002. Cette démarche avait été
précédée, le 5 avril, par des excuses
présentées par le LTTE tamoul aux musulmans,
en reconnaissant que leur expulsion de la péninsule
de Jaffna en 1990 avait été une erreur. Cette
initiative s'inscrit dans le cadre plus large du processus
de paix encouragé par une médiation norvégienne;
la communauté musulmane avait eu le sentiment d'être
laissée à l'écart. C'est le chef du Congrès
musulman du Sri Lanka, Rauf Hakeem qui a personnellement rencontré
le chef des Tigres, Velupilla Prabhakaran. Rauf Hakeem occupe
également un poste de ministre au sein du gouvernement
du Sri Lanka, mais a souligné qu'il avait rencontré
le chef des Tigres en tant que président du parti musulman,
et non en sa qualité de ministre. L'une des preuves
annoncées de la bonne volonté des Tigres sera
de renoncer à prélever auprès des musulmans
l'"impôt" pour financer leur lutte.
[TOP]
Même si l'événement
n'a guère retenu l'attention des médias, il
faut signaler ici la signature - le 26 avril 2002 - d'un accord
entre le Saint-Siège et le gouvernement de la Turquie
en vue de promouvoir le dialogue interreligieux. L'agence
de presse catholique Zenit
(28 avril 2002) qualifie cette initiative de pas sans
précédent. Du côté turc, cette
"déclaration d'intention" - puisqu'il semble
que ce soit plus exactement de cela qu'il s'agisse - a été
signée par Mehmet Nuri Yilmaz, président de
la Direction des affaires religieuses de la Turquie. La partie
catholique a conscience du caractère un peu étrange
d'une telle démarche, qui prend pour interlocuteur
un organisme gouvernemental. Mgr Michel Fitzgerald, secrétaire
du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a justifié
cette manière de faire en invoquant la nature particulière
des relations entre autorités religieuses et autorités
gouvernementales dans des pays de tradition musulmane (et
même en Turquie, qui prône la laïcité):
"Si nous cherchons un partenaire pour le dialogue
avec les musulmans en Turquie, ce partenaire officiel doit
être un représentant du gouvernement."
Des accords existent déjà avec des institutions
islamiques de différents pays, mais pas avec une institution
gouvernementale, et c'est ce qui fait la particularité
de cette démarche. (A noter, parmi les accords récents,
celui passé au mois de mars 2002 avec la World Islamic
Call Society de Libye.) "Etant donné qu'il
n'y a pas d'autorité centrale dans le monde islamique,
qu'il n'y a pas l'équivalent du pape, qu'il n'y a pas
de hiérarchie, nous nous sentons en quelque sorte obligés
d'entamer aussi le dialogue avec les différents pays
comme l'Iran, la Turquie, la Libye, l'Egypte, etc.",
a précisé Mgr Fitzgerald. L'accord entend promouvoir
une meilleure connaissance mutuelle des religions (notamment
par l'encouragement de programmes de formation), mais aussi
soutenir la liberté de croyance et de conscience.
Pour l'arrière-plan
de cette "déclaration d'intention", on trouvera
un panorama et une analyse fort bien documentés dans
l'article d'Emre Öktem, "Le dialogue islamo-chrétien
en Turquie", Islamochristiana (Rome), vol. 26,
2000, pp. 107-131 (une versison antérieure, sous
un titre légèrement différent, était
parue dans les Annales de l'autre Islam en 1999). Le
rôle grandissant de la Direction des affaires religieuses
y était souligné.
Sur cet organisme, dont l'origine remonte à 1924, on
peut lire l'article d'Yvette Benusiglio, "Le nouveau
visage de la Direction des affaires religieuses en Turquie",
Cahiers d'études sur la Méditerranée
orientale et le monde turco-iranien, N° 31, janvier-juin
2001, pp. 281-289.
[TOP]
Aux Etats-Unis,
la croissance des baptistes du Sud se poursuit, même
si c'est à un rythme plus modeste que l'année
précédente (Associated Press, 25 avril
2002): 92.612 nouveaux membres en 2001 (109.000 en 2000).
Avec un peu plus de 16 millions de membres, la Southern Baptist
Convention reste la plus grande "dénomination"
protestante aux Etats-Unis, même si elle a connu récemment
des schismes de groupes "modérés",
qui estiment trop conservatrice l'orientation doctrinale des
dirigeants de la Convention. Les méthodistes unis (plus
de 8 millions de membres) viennent en deuxième position
dans la statistique religieuse protestante des Etats-Unis.
Mais la plus grande religion - et de loin - est l'Eglise catholique
romaine, avec plus de 63 millions de membres, rappelle l'Associated
Press.
[TOP]
Trois Eglises
protestantes des Pays-Bas ont l'intention de fusionner.
L'Eglise réformée des Pays-Bas (NHK), les Eglises
réformées aux Pays-Bas (GKN) et l'Eglise évangélique
luthérienne au Royaume des Pays-Bas entendent constituer
une Eglise protestante unique qui compterait 2,7 millions
de membres. Elles ont déjà créé
une fédération, mais les dirigeants des trois
Eglises ont décidé de ne pas laisser le mouvement
ralentir et ont dans ce but fixé la date limite de
la fusion pour l'année 2004, rapporte l'ENI
News Service (Ecumenical News International, 29 avril
2002).
[TOP]
Le dernier numéro
du magazine de l'Association internationale pour la conscience
de Krishna (AICK), Back to Godhead (mai-juin 2002) , publie
un
article de Devamrita Swami sur les dévots de
Krishna en Ukraine. Les photographies de l'article (disponibles
dans la version imprimée, mais pas sur le site Internet)
montrent par exemple une longue file de dévots de Krishna
défilant dans les rues de Kiev, exactement comme ils
le font depuis les années 1960 et 1970 dans les grandes
villes occidentales. Selon l'article, il y aurait aujourd'hui
2.500 dévots actifs en Ukraine (pays de 65 millions
d'habitants). La plus récente liste complète
des centres de l'AICK à travers le monde indique des
adresses dans sept villes de l'Ukraine. En Russie, le mouvement
a des centres dans vingt villes. Il est également actif
dans les pays de l'Asie centrale et du Caucase. Rappelons
que, contrairement à beaucoup d'autres mouvements d'origine
orientale arrivés dans les années qui ont suivi
la chute du communisme, l'AICK avait déjà développé
des activités en URSS durant la période soviétique,
ce qui avait valu à plusieurs de ses membres d'être
condamnés et envoyés dans des camps.
[TOP]
Religioscope
a récemment publié un article de Michel Gilquin
sur les musulmans
en Birmanie (Myanmar). Le numéro 105 (Eastertide
2002) d'Anglican World (magazine officiel de la Communion
anglicane) s'intéresse pour sa part aux anglicans
et communautés chrétiennes en Birmanie.
Les anglicans birmans interrogés par la rédaction
d'Anglican World soulignent les difficultés
auxquelles il se trouve confrontés. Les publications
chrétiennes tirant à plus de 1.000 exemplaires
ou destinées à circuler au-delà du cadre
ecclésial sont soumises à la censure. Dans ce
pays à majorité bouddhiste, les chrétiens
ne reçoivent pas toujours la permission d'aller s'installer
dans des zones où ne résident pas déjà
des communautés chrétiennes. En fait, certaines
restrictions semblent avoir été avant tout conçues
pour limiter l'action de groupes musulmans, mais se trouvent
appliquées aux chrétiens également. L'afflux
récent de groupes évangéliques et pentecôtistes
- pas toujours associés à des Eglises - a compliqué
depuis quelques années les relations entre Eglises
ainsi qu'entre les Eglises et le gouvernement.
Les autorités
encouragent le bouddhisme comme outil pour l'unité
nationale. Le bouddhisme connaît d'ailleurs depuis quelques
années un renouveau, qui pose également un défi
aux Eglises chrétiennes du pays. Des membres du Conseil
des Eglises du Myanmar voudraient développer un dialogue
avec le bouddhisme, mais cette démarche se heurte à
des oppositions au sein même des Eglises, en raison
de craintes que cela ne remette en question les actions d'évangélisation.
L'Eglise anglicane
(57.000 membres) a hérité de la période
britannique un réseau de 160 églises - mais
évite d'utiliser le terme "anglican", en
raison de ses associations avec l'époque coloniale.
Contrairement à la Convention baptiste du Myanmar (communauté
chrétienne la plus nombreuse du pays, avec 1 million
de membres), qui n'hésite pas à protester ouvertement
contre des injustices, les anglicans ont été
plus prudents face à l'engagement politique. Des anglicans
ont cependant joué un rôle de médiateurs
dans des contacts entre gouvernement et insurrections ethniques.
Adresse:
Anglican World, Anglican Communion Office, Partnership House,
157 Waterloo Road, London SE1 8UT, England.
Site
officiel (gouvernemental) sur la religion au Myanmar:
http://www.myanmar.com/religious/
[TOP]
La réalité
est plus complexe que les approches parfois simplificatrices
selon lesquelles les lignes de faille suivent toujours les
divisions entre traditions religieuses: d'autres facteurs
pèsent également, et il importe de ne pas l'oublier
sur un site qui s'intéresse aux influences religieuses
dans le monde contemporain. C'est donc avec intérêt
que l'on découvre les bonnes relations entre Israël
et l'Azerbaïdjan, pays de tradition musulmane (près
de 8 millions d'habitants). Ces relations reposent sur la
commune alliance avec la Turquie, mais aussi sur la crainte
envers l'Iran et les manifestations de l'islam radical, ainsi
qu'une certaine méfiance à l'égard de
la Russie, souligne la Jewish
Telegraphic Agency (28 avril 2002). Le gouvernement
de Bakou espère que le développement de bonnes
relations avec Israël (où il avait exprimél'intention
d'ouvrir une ambassade) lui permettront également de
bénéficier d'une attitude favorable de la part
des Etats-Unis. 40.000 juifs environ ont émigré
de l'Azerbaïdjan vers Israël, mais il en resterait
à peu près 20.000 dans le pays. L'article n'indique
pas si et dans quelle mesure les récents développements
au Proche-Orient pourraient remettre en cause ces relations.
[TOP]
Le judaïsme
libéral célèbre son centième anniversaire
en Grande-Bretagne. Un article du rabbin Charles Middleburgh
résume son histoire dans l'édition 2002 du Jewish
Year Book (London / Portland, Vallentine Mitchell,
2002, pp. XXIV-XXX) - volume à ne pas confondre
avec son équivalent américain, l'American
Jewish Year Book. L'impression causée sur les esprits
de certains juifs anglais par les tendances modernisatrices
au sein du judaïsme allemand et américain donna
l'impulsion initiale à l'émergence du judaïsme
libéral en Grande-Bretagne. Dès 1902 se tinrent
(d'abord dans des salles d'hôtel) des services religieux
sans ségrégation entre les sexes, avec usage
de l'anglais et de la musique instrumentale ainsi qu'avec
certaines révisions dans les prières. La première
synagogue libérale fut officiellement inaugurée
en 1911. Les premières congrégations étaient
toutes londoniennes. Il fallut attendre 1928 pour qu'en soit
créée une en province, à Liverpool.
En un siècle,
le mouvement a connu des évolutions notables. Au début,
les juifs libéraux étaient par exemple opposés
au sionisme, qui ne paraissait pas compatible avec leur citoyenneté
britannique. Mais l'orientation a changé après
la 2e guerre mondiale: surtout depuis la Guerre des Six Jours
(1967), les juifs libéraux ont embrassé le sionisme,
au point que certains font même leur aliyah en
Israël. L'hébreu prend à nouveau plus de
place dans la pratique liturgique; un plus grand respect pour
la tradition s'est affirmé. Le judaïsme libéral
reste minoritaire au sein du judaïsme britannique, mais
il a exercé une influence sur l'ensemble de celui-ci,
notamment en ce qui concerne l'égalité des femmes.
Adresse:
Union of Liberal and Progressive Synagogues, 21 Maple St.,
London, W1T 4BE.
Site:
http://www.ulps.org
[TOP]
Dans le dernier
numéro de la revue internationale de sociologie de
la religion Social Compass (49/1, mars 2002), Susana
Andrade consacre un article au réveil politique
des Indiens protestants de l'Equateur (pp. 13-27).
L'action missionnaire de groupes évangéliques
conservateurs nord-américains reposait sur de nombreux
interdits et sur une stricte séparation entre les choses
de Dieu et les choses du monde. L'engagement politique était
donc découragé. Cependant, des convertis évangéliques
continuèrent à participer à différents
mouvements de protestation. A partir de 1967, quand le contrôle
et l'administration des églises, des séminaires
de formation théologique et des stations de radio passèrent
aux mains des Indiens, une réflexion s'amorça
et s'autonomisa de plus en plus par rapport à l'influence
des missionnaires. Les Indiens évangéliques
décidèrent finalement de participer en tant
que tels à la vie politique. Depuis 1998, un mouvement
intitulé Amauta Jatari a pris part à trois campagnes
électorales, ce qui lui a permis de conquérir
trois sièges de maires et des postes dans des conseils
municipaux. Aujourd'hui, ces évangéliques sont
même convaincus d'avoir un rôle important à
jouer en vue du changement social et politique du pays. Lors
des protestations de masse de février 2001, les évangéliques
s'unirent au mouvement indigène le plus représentatif
et à d'autres mouvements sociaux. Susana Andrade explique
que cela a été le résultat d'un intense
et lent travail de "conscientisation" mené
par les pasteurs évangéliques eux-mêmes,
afin de conduire leurs ouailles à une approche positive
de l'action politique. Si cette nouvelle approche est justifiée
à usage interne par la Bible, Susana Andrade observe
en revanche que les références religieuses sont
absentes du discours politique public des évangéliques:
il s'agit vraisemblablement d'un choix tactique pour toucher
le plus grand nombre possible de gens, dans un pays dont la
majorité de la population reste catholique.
[TOP]
Les mormons
s'intéressent à l'islam, si l'on en juge
par le tout récent numéro (volume 40, N° 4,
2001) des Brigham Young University Studies, journal
universitaire interdisciplinaire publié par des chercheurs
de l'Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers
jours. C'est un volume très bien fait de plus de 270
pages, avec des présentations de différents
aspects de la foi musulmane par des experts universitaires
mormons compétents. Il faut dire qu'il y a en Utah
des instituts de recherche qui travaillent sur le monde arabe
et le Proche-Orient. Mais au-delà de ces informations,
le numéro spécial des BYU Studies sur
l'islam peut faire l'objet d'une lecture "entre les lignes",
car il révèle peut-être aussi une approche
mormone par rapport à l'islam dans le cadre des stratégies
mondiales des religions.
Les mormons, rappellent
plusieurs contributions, partageaient au départ les
préjugés envers l'islam courants dans le monde
chrétiens de leur époque. Cependant, comparés
très vite à l'islam par leurs adversaires, soumis
à de vives critiques eux-mêmes, mais aussi commençant
lors d'expéditions missionnaires à entrer directement
en contact avec des musulmans, il se trouva assez vite, dès
le 19e siècle, des auteurs mormons pour avancer ici
et là des évaluations plus nuancées de
l'islam. En 1978, une déclaration officielle de la
Première Présidence de l'Eglise de Jésus-Christ
des saints des derniers jours n'hésita pas à
affirmer que Muhammad (ainsi que différents philosophes
et réformateurs) avait reçu "une portion
de la lumière de Dieu".
Ce numéro
très respectueux de la foi musulmane - mais il faut
dire que les mormons n'ont jamais craint d'offrir des présentations
honnêtes d'autres religions que la leur - retient cependant
surtout notre attention par ce qu'il révèle
de l'attitude présente de l'Eglise de Jésus-Christ
des saints des derniers jours à l'égard du monde
musulman, dans le contexte de l'après-11 septembre
(même si le numéro était déjà
en chantier avant cet événement). Cela mérite
d'autant plus d'être noté qu'il y a souvent eu
chez les mormons une sympathie pour Israël, attitude
que le numéro s'efforce de nuancer, en rappelant différentes
prises de position mormones en faveur d'une attitude équilibrée
au lieu d'un soutien unilatéral et acritique au projet
sioniste. L'article introductif souligne en outre que "l'Eglise
a cherché à respecter les lois et traditions
islamiques qui interdisent la conversion de musulmans à
d'autres fois en adoptant une politique de non prosélytisme
dans les pays musulmans du Proche-Orient" (pp. 23-24),
même s'il y a des convertis (dans les deux sens, d'ailleurs).
Le numéro s'efforce de trouver des points de convergence:
par exemple, un article estime que mormons et musulmans partagent
beaucoup de points communs (malgré quelques différences)
sur la question de l'avortement (pp. 183-197). Sur Jérusalem,
l'une des contributions soutient la thèse que le contrôle
de la ville ne doit pas être monopolisé par une
religion: il faut donc soit un statut international (plan
des Nations Unies de 1947), soit une capitale indivise qui
soit à la fois celle d'Israël et de la Palestine
(p. 132).
Adresse:
BYU Studies, 403 CB, P.O. Box 24098, Provo, Utah 84602-4098,
U.S.A.
Site: http://byustudies.byu.edu/
[TOP]
Avant de partir
vers l'Utah pour fuir l'opposition dont ils étaient
l'objet, dans les années 1840, les mormons avaient
eu durant plusieurs années pour centre la ville de
Nauvoo, dans l'Illinois, et y avait construit un temple, achevé
juste avant leur départ et consacré le 1er mai
1846. Ce temple avait brûlé par la suite. Le
temple mormon de Nauvoo est aujourd'hui reconstruit et
a été inauguré le 1er mai 2002. Il suit
aussi précisément que possible la structure
du temple d'origine. Il sera ouvert aux visiteurs jusqu'au
22 juin 2002, puis définitivement réservé
aux fidèles mormons après sa consécration
à la fin du mois de juin. Cette construction est le
résultat d'un effort amorcé dès les années
1960.
[TOP]
Les mutations sociales
ont des conséquences sur la vie religieuse. C'est ainsi
que les responsables des principales Eglises en Corée
s'interrogent sur les conséquences du passage à
la semaine de travail de 40 heures pour la pratique religieuse,
rapporte Eglises
d'Asie (1er avril 2002). La semaine de 40 heures
est entrée en vigueur au mois d'avril à titre
d'essai pour certaines catégories de fonctionnaires.
Quant aux employés du secteur public, ils auront la
possibilité de prendre congé un samedi sur quatre.
Dès le mois de juillet, la durée légale
du travail passera à 40 heures, "mettant ainsi
fin à la demi-journée de travail que de très
nombreux Coréens passent le samedi sur le lieu de leur
emploi". Les communautés chrétiennes
craignent que la semaine de cinq jours ne diminue la participation
aux offices dominicaux, puisqu'elle encouragera les fidèles
à partir pour le week-end, ce qu'ils ne pouvaient faire
jusqu'à maintenant. Les mouvements protestants conservateurs
de Corée s'étaient même opposés
à la réduction du temps de travail, rappelant
qu'il est écrit dans la Genèse que Dieu a travaillé
six jours avant de se reposer le septième. Les bouddhistes,
en revanche, sont plutôt favorables à ce changement:
les temples bouddhistes étant souvent situés
dans la montagne, le temps libre du week-end permettra plus
facilement aux fidèles de s'y rendre, espère-t-on.
[TOP]
Ces
notes ont été rédigées par Jean-François
Mayer.
[TOP]
Mise
à jour: 28.09.2002 (lien brisé)
© 2002 www.religioscope.com
Les textes peuvent être
reproduits avec indication de la source.
|
|  |








|
|