La
question ne se pose pas que dans l'hindouisme. A l'occasion de
la Fête du Sacrifice, durant le mois du pèlerinage,
de nombreux animaux (notamment des moutons) sont sacrifiés
en accomplissement de préceptes religieux à travers
le monde musulman. Certains musulmans modernistes contestent aujourd'hui
cette pratique: en mars 2000, des débats contradictoires
avaient ainsi eu lieu en Turquie, dans le cadre d'émissions
télévisées très populaires. Les autorités
avaient insisté sur la nécessité de ne pas
sacrifier des animaux dans n'importe quelles conditions et d'éviter
aux animaux des souffrances inutiles lors d'égorgements
par des personnes non qualifiées. Et des associations humanitaires
incitaient les croyants à offrir une chaise roulante pour
des handicapés plutôt que des animaux pour le sacrifice
(Turkish Probe, 12 mars 2000, p. 3).
Les
milieux juifs qui rêvent de la reconstruction du temple
de Jérusalem et de la restauration du culte dans celui-ci
estiment en général que cela impliquera aussi la
reprise des sacrifices d'animaux.
Aux
Etats-Unis, les pratiques de sacrifices rituels dans le cadre
de religions afro-américaines (notamment la Santeria) ont
donné lieu à des décisions de justice.
Enfin,
curieusement, la question a même été soulevée
dans des milieux chrétiens africains: dans le cadre des
efforts d'inculturation du christianisme, Mgr Buti Tlhagale, archevêque
catholique romain de Bloemfontein (Afrique du Sud), avait suggéré
d'examiner la possibilité d'incorporer des sacrifices d'animaux
dans le cadre liturgique en Afrique. Il ne proposait cependant
pas de procéder à un sacrifice durant la messe,
mais d'offrir en libation durant celle-ci le sang d'un animal
sacrifié ou une bière traditionnelle africaine.
Ces libations sont destinées à honorer les ancêtres.
L'archevêque soulignait que beaucoup de familles africaines,
même chrétiennes, continuent de sacrifier des animaux
lors de grandes étapes de l'existence. Il lui paraissait
donc souhaitable d'intégrer cette coutume. Ses suggestions
soulevèrent des discussions sur les limites de l'inculturation.
Jean-François
Mayer