Religioscope
- 5 juillet 2002
Un
prince et homme d'affaires saoudien a annoncé le prochain
lancement à Londres d'une chaîne de télévision
par satellite destinée au public occidental. L'objectif
est de corriger la perception du monde arabe et de l'islam
dans le contexte de l'après-11 septembre. Cette initiative
s'inscrit dans le cadre de plusieurs opérations d'amélioration
des relations lancées depuis quelque temps, comme par
exemple une visite d'une délégation de Ligue
musulmane mondiale aux Etats-Unis.
Le
prince Mansour Ibn Nasser Ibn Abdul Aziz n'a pas précisé
la date exacte de lancement lorsqu'il en a fait l'annonce
cette semaine. Il a en revanche précisé que
le coût serait de 160 millions de dollars.
Dans
une première phase, la chaîne émettra
en anglais. Par la suite, des émissions en allemand,
en italien, en français et en espagnol sont également
prévues. "A but non lucratif, la station sera
la voix des Arabes et des musulmans en Occident",
a précisé le prince. "Elle aidera à
améliorer l'image des musulmans en Occident." (Arab News, 3 juillet
2002)
A
côté de ces objectifs, l'aspect commercial ne
sera pas négligé et contribue sans doute à
expliquer aussi l'effort financier consenti pour cette opération.
La chaîne devrait contribuer à attirer des investissements
occidentaux vers le monde arabe et à promouvoir les
produits du monde arabe.
L'initiative
du prince Mansour Bin Nasser s'inscrit dans le cadre d'efforts
plus larges pour améliorer l'image de l'Arabie saoudite
en particulier et de l'islam en général dans
les pays occidentaux, souligne Arabic
News (5 juillet 2002). Un autre exemple récent
est la visite aux Etats-Unis d'une délégation
musulmane sous la direction d'Abdullah al-Turki, secrétaire
général de la Ligue Musulmane mondiale, organisation
soutenue par l'Arabie saoudite.
La
délégation de la Ligue comprend des dirigeants
musulmans de plusieurs pays et ont eu en Amérique des
contacts avec des publics variés: Eglises, universitaires,
responsables du FBI et d'autres services de sécurité.
Ils ont notamment eu une rencontre avec des responsables du National
Council of Churches en vue de "stimuler des relations
plus fortes et plus franches entre chrétiens et musulmans
aux Etats-Unis aussi bien qu'à l'étranger".
Jean-François
Mayer