Religioscope
- 9 juillet 2002
A
la fin du mois de juin, des heurts se sont produits entre
musulmans et tamouls dans l'Est du Sri Lanka. Ils mettent
en évidence les difficultés encore à
résoudre dans le cadre du processus de réconciliation
entre les deux communautés.
Religioscope
avait évoqué l'accord
de paix entre musulmans et tamouls et Sri Lanka au mois
d'avril 2002. Cependant, à la fin du mois de juin,
alors que le pays jouissait d'un certain calme, des affrontements
se sont produits entre membres des deux communautés
dans les districts de Trincomalee et de Batticaloa (dans l'Est
du pays).
Les
violences semblent avoir frappé des membres des deux
communautés. L'agence de presse TamilNet attribue ces troubles à des "extrémistes
islamiques", à en croire plusieurs de ses dépêches.
Les musulmans, pour leur part, dénoncent par la voix
de Rauff Hakeem (chef du Congrès musulman du Sri Lanka)
un harcèlement que continueraient d'imposer les "Tigres" tamouls, notamment des extorsions de fonds.
Selon
les observateurs scandinaves de la Sri Lanka Monitoring Mission,
les Tigres se seraient rendus coupables du plus grand nombre
de violations du cessez-le-feu (IANS,
8 juillet 2002). Le plus grand nombre de plaintes proviendrait
du district de Batticaloa et porterait sur des extorsions
de fonds.
Cependant,
les observateurs soulignent la complexité de la situation
politique et sociale de la région. Il serait notamment
risqué de ne pas tenir compte de la multiplicité
des acteurs politiques musulmans dans la région, souligne
V.S. Sambandan dans The
Hindu (8 juillet 2002). A côté du
Congrès musulman actuellement dirigé par Rauff
Hakeem, d'autres dirigeants musulmans jouent également
un rôle et devraient être associés à la recherche d'une solution.
Musulmans
et tamouls parlent la même langue. Les musulmans de
l'Est du Sri Lanka ont forgé une identité fondée
sur la religion, rappelle Thirumalai Manivannan, rédacteur
du service tamoul de la BBC (27 juin 2002). Avec la montée de l'activisme
tamoul, les musulmans s'étaient rapprochés de
la majorité cinghalaise. Ils craignent maintenant de
voir se réaliser une fusion des provinces du Nord et
de l'Est (l'un des objectifs des tamouls) et de se retrouver
dominés par les Tamouls (majoritairement hindous).