Religioscope
- 23 juillet 2002
La
communauté juive en Birmanie ne compte plus qu'une
vingtaine de membres. Elle atteint rarement le minyan (le nombre de dix adultes de sexe masculin requis en principe
pour la célébration des services religieux):
seulement lorsque des diplomates ou visiteurs juifs de passage
viennent renforcer le groupe le temps d'un shabbat.
Il
est peu fréquent de lire des articles sur la communauté juive dans un pays tel que la Birmanie. Le New
York Times vient pourtant de publier un reportage à ce sujet dans son numéro du 23 juillet
2002, sous la signature de Seth Mydans.
La
présence juive a cependant une longue histoire en Birmanie,
puisqu'elle s'y est implantée dès le début
du 19e siècle: il s'agissait à l'origine de
juifs venus du Bengale. Cette communauté s'organisa
dans les années 1870 et construisit une synagogue en
1896 - elle existe toujours, à Yangon. La population
juive aurait même compté jusqu'à 2.500
personnes, avancent plusieurs sources.
Cependant,
expliquaient Nathan Katz et Ellen Goldberg dans un article
sur les derniers juifs de l'Inde et de la Birmanie publié dans la Jerusalem Letter (15 avril 1988), cette
communauté vivante souffrit de l'occupation japonaise:
la plupart des 1.200 juifs quittèrent alors la Birmanie
pour Calcutta, même si 500 d'entre eux revinrent après
la guerre.
Depuis
1948, plus de 700 juifs ont émigré de la Birmanie
vers Israël. Aujourd'hui, le gardien de la synagogue
et son fils - qui a étudié un an en Israël
- sont souvent les seuls à venir prier le vendredi
soir.
Il
existe aussi un cimetière historique, qui compte plus
de 600 tombes, mais la dernière a été
creusée en 1985. le gouvernement interdit en effet
maintenant les inhumations dans les limites de la ville. Il
est même prévu de déplacer les cimetières
qui y existent encore à l'extérieur du périmètre
urbain; mais le cimetière juif n'a pas été
touché pour l'instant.
Les
moyens de la communauté sont très modestes,
mais des dons de visiteurs juifs ont permis de rénover
et d'entretenir la synagogue de Yangon, indiquait Johannes
von Dohnanyi dans un article publié par l'hebdomadaire
suisse Die
Weltwoche (18 avril 1996). En revanche, précisait
cet article, l'ambassade israélienne n'assistait guère
le petit groupe, qui aurait souhaité au moins un enseignement
de l'hébreu pour les quelques enfants de la communauté.
Jean-François
Mayer