Religioscope
- 26 août 2002
La
Direction des affaires religieuses a déjà émis
ses consignes pour les élections générales
du 3 novembre prochain: les responsables religieux sont
priés de s'abstenir de toute implication dans la campagne.
Les
consignes de la Direction des affaires religieuses sont précisées
dans une circulaire envoyée par son président
Mehmet Nuri Yilmaz, indique le quotidien Turkish
Daily News (26 août 2002).
Il
s'agira en particulier pour les hommes de religion d'éviter "tout genre de discours visant une personne, un groupe
ou un parti politique en particulier".
La
circulaire ajoute: "L'élément le plus
important qui joint les sociétés ensemble sous
le toit de l'unité nationale est la religion. Les dirigeants
religieux, en expliquant clairement les questions religieuses
à la société, portent une responsabilité
considérable."
La
Direction attend donc des responsables religieux que leurs
prédications prônent l'unité, qu'ils n'abordent
pas les questions politiques et ne fassent aucune propagande
pour ou contre un dirigeant politique.
Ces
avertissements de la Direction des affaires religieuses s'inscrivent
dans un contexte où, en raison des faibles pourcentages
que risquent d'obtenir plusieurs partis politiques turcs,
les formations musulmanes pourraient remporter un nombre de
sièges important. Rappelons que seuls peuvent accéder
au Parlement les partis qui dépassent la barre de 10%
des suffrages à l'échelle nationale. Or, plusieurs
partis laïcs semblent actuellement en perte de vitesse
et pourraient ne pas atteindre cette limite.
L'ancien
premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, auquel il est
interdit de se présenter aux élections, a invité
les Turcs à donner leurs voix au Parti du bonheur (Saadet).
Mais, selon quasiment tous les observateurs, c'est plutôt
un autre parti musulman issu de l'interdiction du Parti de
la vertu (Fazilet), qui paraît le mieux placé
pour arriver en tête des suffrages: le Parti de la justice
et du développement (AKP), dirigé par Tayyip
Erdogan. (JFM)