A
la suite d'efforts menés dès les années
1950 pour obtenir son autocéphalie, l'Eglise orthodoxe
de Macédoine proclama son indépendance en 1967,
même si elle n'est reconnue par aucune autre Eglise
orthodoxe.
Des
contacts entre Eglise serbe et évêques macédoniens
afin de briser cet isolement conduisirent au mois de mai 2002
à un projet d'accord. Puis, au mois de juin, le patriarche
Pavle de Serbie proposa aux hiérarques macédoniens
un statut d'autonomie au sein de l'Eglise de Serbie.
Un
seul évêque en Macédoine accepta cette
offre: l'évêque Jovan de Veles et Povardarie
annonça l'intégration de son diocèse
dans l'Eglise serbe, ce qui fut loin de faire l'unanimité
parmi les fidèles. L'évêque Jovan passe
pour avoir de bonnes relations avec la Grèce: il prépare
d'ailleurs un doctorat en théologie à l'Université Aristote de Thessalonique.
Sa
démarche lui valut, le 5 juillet 2002, d'être
démis de ses fonctions par le Synode de l'Eglise de
Macédoine. De violents incidents se produisirent au
Monastère du Saint Mégalomartyr Georges à
Negotino, où l'évêque s'était retiré
avec l'accord du Synode macédonien: des opposants rassemblés
diffusèrent par haut-parleur un chant intitulé "Damnés soient les traîtres"
pendant que Jovan et ses partisans célébraient
l'office et forcèrent finalement l'évêque
- qualifié de "Judas" - à quitter
les lieux pour se réfugier à Bitola.
Le
24 septembre 2002, le Saint Synode de l'Eglise serbe a décidé
de nommer l'évêque Jovan en tant qu'exarque de
l'Eglise orthodoxe serbe en Macédoine.
Cette
décision a provoqué des réactions négatives
non seulement du côté de l'Eglise de Macédoine,
comme on pouvait s'y attendre, mais également de la
part des autorités macédoniennes: le Ministère
des Affaires étrangères de la Macédoine
a exprimé ses objections et a averti que cette décision
était de nature à porter atteinte aux relations
entre les deux pays.
Jean-François
Mayer